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20 mai 2014

Les Femmes dans les Mathématiques

Durant des siècles, être une femme et faire des mathématiques étaient incompatibles. En effet, ce domaine a longtemps été exclusivement masculin ; cependant, de tous temps, des femmes ont bravé les interdits et ont contribué à enrichir les connaissances mathématiques.

   Ainsi, dès l’Antiquité, une pionnière dans le domaine des mathématiques s’impose parmi les plus grands mathématiciens : Hypathie d’Alexandrie (IVème –Vème siècles).

hypathie.png Eduquée par son père Théon, astronome et mathématicien lui-même, elle étudie ensuite les sciences, la philosophie et l’éloquence à Athènes ; elle ouvre plus tard une école à Alexandrie, où elle base son enseignement sur les œuvres de Platon, d’Aristote et de grands mathématiciens de l’époque. Elle est un professeur apprécié et respecté, connue pour son talent dans la résolution des problèmes. Cependant, ses idées scientifiques sont considérées comme une hérésie par les chrétiens, qui sont alors engagés dans une lutte pour le pouvoir avec les Romains, ce qui lui vaut d’être massacrée par une foule haranguée par des prêtres. Sa mort cause une remise en question de l’éducation des femmes, et une période de stagnation au niveau de l’avancée des mathématiques. Le sort d’Hypathie montre bien les difficultés auxquelles était exposée une femme éduquée à cette époque ; de plus toute idée scientifique était alors condamnée par la religion chrétienne en expansion.

   Durant le Moyen-âge, aucun nom de mathématicienne n’est aujourd’hui connu.

Bien que de nombreuses femmes permettent de grandes avancées, les mathématiques leurs sont inaccessibles durant plusieurs siècles. Sophie-Germain.gif On a l’exemple de Sophie Germain (1776-1831), qui était contrainte d’utiliser un pseudonyme masculin afin d’accéder au milieu des mathématiques. Elle correspondait donc avec les grands mathématiciens de son temps (tels que Lagrange) sous le nom de M. Leblanc. Elle est célèbre pour sa théorie sur les nombres premiers (un nombre premier de Sophie Germain est un nombre premier n tel que 2n+1 le soit aussi). En 1816, elle reçoit même le grand prix de l’Académie des sciences de Paris.

   Au fil du temps, les femmes parviennent cependant à faire évoluer leur statut.

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" Ainsi, dans la seconde moitié du XIXème siècle, Sophia Kovaleskaya (1850-1891) fut la première mathématicienne à donner des cours à l’université (de Stockholm). "

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D’autres suivirent son exemple, comme Emmy Noether (1882-1935), mathématicienne allemande, fille du mathématicien Max Noether.
Ses études furent rendues difficiles par le mauvais regard porté sur les femmes au sein des universités, et elle dut passer tous ses examens de façon non-officielle car ils étaient réservés aux hommes. Elle rencontra également des difficultés dans l’exercice de son métier de professeur, et emprunta souvent le nom d’Hilbert, brillant mathématicien dont elle avait l’admiration, pour donner ses cours. Elle était également tenue en haute estime par Einstein et Felix Klein.

Malgré ces problèmes de son vivant, Emmy Noether est aujourd’hui considérée comme la fondatrice de l’algèbre abstraite (ou algèbre moderne), qui est l’étude de structures comme celles de Groupes, d’Anneau ou de Corps. Elle a également apporté des éléments nouveaux pour l’élaboration de la théorie de la relativité. Après la prise de pouvoir par les nazis en 1933, étant juive, elle se voit interdire d’enseigner et se réfugie aux Etats-Unis.

   On voit donc que petit-à-petit, bien que le statut de femme demeure un frein à l’exercice de l’enseignement, de grands mathématiciens reconnaissent les travaux de femmes et une collaboration productive devient possible.

Par la suite, l’acceptation des femmes dans le domaine des mathématiques se fait peu à peu. Dans la deuxième moitié du XXème siècle, par exemple, une femme est élue à l’Académie des sciences aux Etats-Unis : Julia Robinson, étudiante puis enseignante à la prestigieuse université de Berkeley, ayant ouvert la voie à Matiiassevitch pour la résolution du 10ème problème de Hilbert en 1970 ; elle se consacra à la théorie des jeux mais surtout à l’indécidabilité et les problèmes non-standards de l’arithmétique. julia_robinson.png

   Aujourd'hui, malgré l'accès inégal à l'éducation à travers le monde, de nombreuses femmes peuvent suivre une formation scientifique et beaucoup enseignent les mathématiques. En 2012, pour la première fois, deux mathématiiennes françaises, Nalini Anantharaman (née en 1976) et Sylvia Serfaty (née en 1975) ont reçu le prestigieux prix Henri Poincaré pour leurs travaux. Cependant, on trouve toujours une majorité d'hommes à un niveau élevé dans les mathématiques.

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Coget Morgane, Nadiradze Elisa, Corazza Lola