LE LYCÉE DE PÉRIGUEUX - 1914-1918

A. VAUGRENARD Professeur agrégé de l’Université - Proviseur honoraire du lycée Bertran-de-Born
dimanche 11 novembre 2012

SOMMAIRE

INTRODUCTION …………………………………………………....4

I Les pertes, les combattants, les blessés, les morts,
les disparus, médailles et décorations…………………………….....5

II Le vécu de la guerre…………………………………………..........13
II a .La guerre au travers des cérémonies de distribution des
Prix : « Des pompes et du faste » au drame puis le retour
à la normale……………………………………..……………………13
II b. La guerre au travers des assemblées générales
des professeurs et professeurs adjoints………………...…………...17
II c. La guerre au travers du Conseil d’administration
du Lycée………………………………………………………........…20

CONCLUSION………………………………………………….........21

LISTE DES ANCIENS ÉLÈVES ET DES FONCTIONNAIRES TUÉS A L’ENNEMI OU MORTS DES SUITES DE LEURS BLESSURES, OU BIEN DISPARUS. ÉTAT COMPLÉTÉ ……………………...……22

ANNEXES

1)-Bibliographie. Sources premières, sources secondaires…...........28

2)-Notes et références……………………………...……………..…..28

3) Présidence et orateurs des distributions des prix……………......29

4)-Liste des anciens élèves et des fonctionnaires tués à l’ennemi ou
morts des suites de leurs blessures ou bien disparus. Commentaires annexes………………………………………….…………………..…30

5)- Les combats du 50e RI…………………………………………....30

6)- Ceux de la guerre de 1870-71…………………………................31

7)- Table des illustrations………………………………………...…..31

Un lycée de l’arrière pendant la Première guerre mondiale : Le Lycée de PÉRIGUEUX (1).

Tout visiteur qui pénètre dans la Cité scolaire Bertran-de-Born par l’entrée d’honneur, ne peut qu’être surpris par le monument aux morts qui couvre la paroi sud de l’entrée et qui rappelle le sacrifice des anciens élèves morts au cours de la Première guerre mondiale mais aussi de la seconde et de celles qui ont suivi. S’y ajoute, sur le mur opposé, une plaque évoquant le sacrifice d’un ancien élève dans la catastrophe du cuirassé Liberté, le 25 septembre 1911 en rade de Toulon (René Lestin). On ne saurait pour autant oublier le très intéressant et rare monument consacré aux anciens élèves morts pendant la Guerre de 1870 érigé au milieu de la cour d’honneur. Il ne s’agit pas de lieux morts mais au contraire de lieux de mémoire, fréquentés et honorés deux fois par an : pour le 11 novembre et pour l’assemblée générale des anciens élèves en octobre. Traditions qui perdurent, ont traversé le XX° siècle et témoignent du profond traumatisme provoqué par ces conflits. Au fil des temps, les noms inscrits n’évoquent plus des êtres de chair et de sang et entrent dans l’anonymat. Pourtant, quand on réfléchit aux nombres, 140 personnes rien que pour 1914-1918, 45 pour 1939-1945, sans oublier les 15 de la guerre de 1870-1871, le tout pour cette petite communauté, soit largement le nombre figurant sur un monument aux morts de sous-préfecture, on mesure déjà l’ampleur du drame et le traumatisme causé par tous ces vides et ces blessés rentrant peu à peu avec les démobilisés, reprenant leur poste encore tout étonnés d’en être sortis.
Il faut donc essayer d’aller plus loin, tenter de faire à nouveau revivre ces anonymes et voir comment ce lycée de l’arrière traversa l’épreuve.

I- Les pertes, les combattants, les blessés, les morts, les disparus, médailles et décorations
C’est ce qui est le plus immédiatement perceptible. En effet, on ne peut qu’être impressionné par ce monument aux morts sur lequel est gravé le nom de 140 hommes, appartenant à la communauté du lycée et tués sur les champs de bataille de la première guerre mondiale. Le chiffre est imposant mais il est difficile d’évaluer son impact quantitatif exact. En effet, Il faut ramener ce chiffre à la communauté du lycée, qui n’est certes pas aussi importante que celle de maintenant. (Environ 500 élèves et une soixantaine de personnels « Instruction publique » et auxiliaires). Par contre, il est difficile d’évaluer le nombre total d’anciens élèves, donc d’avoir le véritable pourcentage morts/nombre total d’anciens élèves. Ceci n’est pas vrai pour les personnels car là, les documents existent encore : on sait exactement combien il y avait de fonctionnaires de l’Instruction publique (2) ainsi que de personnels auxiliaires. On peut savoir qui a été mobilisé est revenu ou pas. Quoiqu’il en soit, on mesure déjà ce que fut, tant pour le Lycée de Périgueux que pour n’importe quel village de France, l’ampleur de la saignée. Le monument ne cite pas les blessés, la liste a été retrouvée. Il faudrait aussi ajouter les familles désemparées par la perte d’êtres chers. Sans parler de ceux qui reviennent, reprennent leur poste, souvent traumatisés à vie. Très rapidement, l’établissement et l’association des Anciens élèves s’efforcent de faire un suivi de ceux qui sont mobilisés et donc, de tenir la liste des morts, disparus, blessés, décorés. Etant entendu que, comme pour le reste du pays, les chiffres des pertes n’ont pu être connus sur le moment et on n’a d’ailleurs jamais établi de façon très précise ce qu’ils étaient au moment de la stabilisation des fronts à l’automne 1914. Au 20 novembre, le service chargé de comptabiliser les morts et les blessés, mais qui, par le force des choses ne pouvait les enregistrer qu’avec un certain retard, arrivait à 581167 soldats et officiers hors de combat. Ce ne sera qu’avec le début de l’automne que commence à arriver un peu partout et donc à Périgueux, l’annonce des tués. (3) C’est alors que la liste s’étoffera et s’affinera au fil des mois pour atteindre une relative précision. Cette liste a donc été reprise et vérifiée à la lueur des possibilités actuelles à savoir : documents du Lycée, de l’Association des Anciens élèves, fichier informatique du SGA Défense « mémoire des hommes » (4), fichiers informatiques divers essentiellement de généalogie et de recensement des sépultures militaires. Malgré cela, il n’a pas été possible de parvenir totalement aux objectifs de départ : obtenir pour chaque combattant le nom, le prénom, la date et le lieu de naissance, l’unité, le grade, la date, le lieu de décès, voire les circonstances. Il est donc possible que certains des noms gravés sur le monument n’aient pas bénéficié du statut administratif de « mort pour la France », ce qui n’enlève rien à leur sacrifice. Il reste des données inconnues : ceux pour lesquels il n’y a qu’un nom par exemple, voire le nom et la date de décès. Mais il y a aussi d’autres questions : comment de telles listes ont-elles pu être établies et mises à jour, à partir de quels documents ? Couvrons nous véritablement la totalité du champ des personnes de la communauté scolaire engagées dans ce conflit ? Quel est le nombre d’anciens élèves engagés dans le conflit ? Quoiqu’il en soit, on ne peut qu’être admiratif devant la qualité du travail fait à l’époque. Un travail certainement exécuté dans de grandes difficultés et avec beaucoup d’émotion. En tout état de cause, il y là largement matière à analyse et l’occasion de redonner un peu de « vie » à cette liste de noms, par la force des choses, de plus en plus inconnus.

1) Analyse quantitative de la liste des morts et disparus.

Les décès

Par années 1914
1915
1916 1917 1918 1919

Lycée de Périgueux 26% 23% 23% 10,5% 16,75% 0,75%
Armée française 23% 26,8% 19,36% 12,60% 18,06%

Le total est de 140 morts dont 139 anciens élèves et un personnel du lycée. On notera l’ampleur du choc initial : 26% de morts dont 8 disparus dès 1914 (5). 1916 est aussi une année particulièrement sanglante. Les lieux et les dates des décès suivent fidèlement les aléas du champ de bataille : les morts à Verdun apparaissent en 1916, la bataille de la Marne dès 1914 etc. Enfin, un combattant décède des suites de ses blessures en 1919, en hôpital militaire à Saint-Raphaël.

Les âges
L’âge moyen est de 26,5 ans, 24,5 ans pour les hommes du rang, 22 ans pour les caporaux, 25 pour les sergents, les aspirants ont 21,5ans, les sous-lieutenants 24,5 ans, les lieutenants 27,5 ans, les capitaines 37 ans, les commandants 46,5 ans, les colonels 51 ans, les médecins, 32,5 ans. La pyramide des âges correspond à la pyramide des grades. Par contre, on soulignera la jeunesse de tous ces hommes, en dehors des officiers supérieurs : ils ont en effet tous entre18 et 27 ans. Les trois plus jeunes sont nés en 1898, le benjamin étant AUMEUILLE Albert né le 21 novembre 1898 à Châteauroux (Indre). C’est GSELL Roger qui est le plus jeune mort de la liste, étant né à Périgueux le 5 juillet 1897 et décédé à Saint-Nazaire le 9 janvier 1915 des suites de ses blessures. On retrouve là le terrible impact de cette guerre sur la démographie de la France de l’après- guerre. Pour 100 hommes actifs il y a eu en France 10,5 tués, 8410000 hommes furent mobilisés dont 75% avaient entre 20 à 35ans. Sur ce total, il y aura 1357800 tués et 3595000 blessés sans oublier 600000 veuves et 7600000 orphelins de père. C’est cet écho lointain de la tragédie qu’il faut avoir en toile de fond des listes du Lycée de Périgueux.

Les circonstances et causes de décès.
21,50% décèdent des suites de blessures reçues au combat (soit 27 hommes) ou de maladie, soit au front, soit consécutive au séjour au front (3 hommes). Ils décèdent « dans l’ambulance » donc encore dans la zone des combats, en hôpital temporaire proche de la zone des combats voire à l’arrière en hôpital militaire ou chez eux. (6) Mais aucun ne survit à la fin des hostilités. FRANCOIS Paul sous-lieutenant au 8°génie, meurt le dernier, le13 février 1919, à Saint-Raphaël (Var). Les disparus représentent 12,75% du total. La mention est souvent portée sur l’acte, parfois sur décision de justice. On y trouve tout autant un colonel (BERGUIN Henri colonel du143°RI, disparu le 20 août 1914 Mulhwald (Lorraine), qu’un capitaine d’Etat-major (J DUNOGIER) ou de simples soldats (CHANSARD Emile, du 308°RI, disparu le 28 août 1914 à Moislains (Somme), voire un aviateur : SAUMANDE Eugène, capitaine aviateur, 2° groupe d’aviation, disparu le 29 juin 1918 au Bois de Mailly (Meurthe et Moselle). Enfin, 65,75% sont directement morts sur le champ de bataille.

Lieux de décès
Les lieux de décès suivent les grandes périodes et les différents lieux de combats de l’armée française. De la bataille de la Marne aux combats en Alsace, dans les Ardennes, Champagne, Artois, Verdun et les Dardanelles ainsi que le front italien, tous les lieux de combats sont représentés. Au total, les combats du secteur de la Marne représentent 20,5%, ceux de Lorraine-Alsace 24%, 14,25% pour la Somme, 14,25% pour les combats de Champagne, 12,75% pour le Pas de Calais, 6% en Belgique. A titre d’exemple, on peut suivre les combats du 50° R .I . en croisant le déroulement bien connu des campagnes du régiment (7) et la chronologie des morts du Lycée :
Bayle Ferdinand, 24 août 1914 à Blagny (Marne). Il disparaît dans les combats alors que le régiment bat en retraite devant l’ennemi. Lallet Pierre, caporal, meurt le 10 septembre 1914 (suite blessures au combat pendant que le régiment se retire devant l’ennemi. Talaucher André, est tué le 30 septembre 1914 à Auberive (Marne) alors que le régiment participe à une contre-offensive ainsi que le sergent Tinlot Raphaël. C’est alors la fin des opérations offensives du régiment. Du 18 octobre 1914 au 28 février 1915, l’unité s’installe et tient un secteur qui va de Prosnes jusqu’au Bois le Patron (Marne). Pendant cette période, on enregistre les décès de Dantou Edgard, adjudant, le 3 décembre 1914 devant Prosnes (Marne) et de Rouland Pierre, sergent, le 3 décembre 1914 « près de Reims ». Le 28 février 1915, le régiment quitte le secteur de Prosnes pour le secteur de Baconnes qu’il tient jusqu’au 20 mars 1915.
Du 22 juillet 1915 au 12 mars 1916 l’unité combat en Artois, dans le secteur de Neuville Saint-Vaast (Pas de Calais). Le lieutenant Masset René est tué le 26 juillet 1915 dans ce secteur où le régiment vient d’arriver après une relève très pénible : pluie, boyaux très longs et glissants.
Le sous-lieutenant Simon Adolphe tombe le 24 septembre 1915 à Thélus Pas de Calais) dan le secteur de Neuville Saint Vaast. Le régiment a alors subi 72 heures de bombardements et contre attaque le 25. C’est au cours de cette contre-attaque que le capitaine Letenneur Paul est tué : « Vers 15h.30, le 3° bataillon arrive à se placer dans les tranchées de départ et essaye de se porter en avant. Mais toujours les mitrailleuses fauchent rapidement tout ce qui tente de sortir. Ainsi sont tués le capitaine Letenneur, commandant la 10° compagnie, le lieutenant Meyneraud, de la 10° compagnie, en donnant l’exemple du plus beau dévouement. ». Le sergent fourrier Montozon-Brachet François est tué le 26 septembre 1915 à Thélus (Pas de Calais) ) ,secteur de Neuville Saint-Vaast dans le cadre de la nouvelle attaque portée contre les mêmes lignes qui ont coûté la vie au capitaine Letenneur. L’aspirant Brachet Marc et le soldat Cocaud Pierre sont tués le 30 octobre 1915 dans ce même secteur de Neuville Saint-Vaast qui, jusqu’à la fin octobre est ligne de front, livrée à la guerre de sape et à la boue. La zone est aussi considérée par le commandement comme un secteur base d’une future offensive. On y fait donc des travaux préparatoires. Le 30 octobre, à la pointe du jour, de grosses torpilles éclatent simultanément sur toute le ligne de guetteurs qui, presque en même temps, est submergée par plusieurs vagues d’assaut très denses pendant qu’un barrage intense est déclenché sur tout le secteur. Le professeur Cocaud est mort sous ces bombardements en allant réparer des lignes téléphoniques. Le 10 décembre 1915, le commandant Pouquet Maxence est tué dans le même secteur de Neuville Saint-Vaast où la situation s’est aggravée, même si le régiment est relevé tous les huit jours : boue, sapes allemandes jusque sous les lignes des guetteurs français. Le sous-lieutenant Lavaud Jean tombe le 29 janvier 1916 en tenant les positions conquises la veille. Le 1° mars 1916, Lacombe Paul sergent mitrailleur succombe alors que le secteur est l’objet d’attaques et contre-attaques incessantes qui voient les entonnoirs pris et repris et les mines sauter. Le régiment est relevé par les Anglais le 13 mars pour aller à Verdun du 5 avril au 25 juin 1916. Il est possible que le soldat Agard Pierre qui décède à Périgueux « suite blessures reçues au combat » le 24 octobre 1916, ait été probablement blessé à Verdun ou dans l’Aisne. En effet, après Verdun, le 50° R.I. prend dans l’Aisne le secteur d’Oulches du 18 juillet au 15 septembre 1916. C’est ensuite la Somme du 25 novembre 1916 au 3 février 1917, puis le secteur de Maisons de Champagne (Marne) où les Allemands viennent d’attaquer victorieusement. Dans la nuit du 6 au 7, le régiment reprend le secteur. La contre-attaque allemande a lieu, c’est dans ces combats que vont disparaître le 8 mars 1917 Mergier Pierre sous-lieutenant et Sireyjol René lieutenant le 9 mars 1917. Epuisé et décimé le régiment est relevé dans la nuit du 9 au 10. Ces combats vaudront au régiment une citation à l’ordre de l’armée par le général Pétain. Il n’y aura certes plus de morts parmi les anciens élèves du Lycée, pour autant, le 50° R.I. continue la guerre. Il participe aux combats de Champagne (16 mars-7 octobre 1917) puis termine la guerre en Italie à partir du 18 novembre 1917 contre les troupes autrichiennes (région d’Asagio).

Départements de naissance.
77% de natifs de Dordogne, 88% avec les départements limitrophes. A noter un natif du département de Constantine (Algérie), un natif d’Espagne. Mais aussi, Calvados, Indre, Bouches du Rhône, Sarthe, Seine. On note une très large prépondérance du recrutement local et régional, ce qui explique le nombre conséquent de disparus appartenant au 50°R.I..

Unités, grades, arme, services.
Par unité :
On notera la part prépondérante du 50° RI (13,8% des pertes totales) qui s’explique aisément, ce régiment étant le régiment d’Infanterie de Périgueux et ce, depuis 1876. Par contre, le 34° régiment d’artillerie, autre régiment local est plus faiblement représenté (2 artilleurs).
Par arme et services
Lycée de Périgueux Infanterie : 81,75%
Artillerie : 8%
Aviation : 3,65%
Génie : 3%
Détaché Etat-major : 1,45%
Service de santé : 1,45%
Marine : 0,7%.(fusiliers marins).

Armée Française Infanterie :
41,9% Artillerie :
17,90% Aviation
1,17% Génie :
3,68%
Au travers de ces chiffres, on voit bien que cette armée est une armée de fantassins. Dans le détail, ces régiments appartiennent essentiellement à l’infanterie de ligne mais aussi aux chasseurs alpins et aux unités coloniales : zouaves, tirailleurs algériens et coloniaux. On remarquera l’absence d’unité de cavalerie mais par contre, la part de l’artillerie et l’apparition de l’aviation. Les anciens élèves décédés au sein de cette arme naissante sont soit directement des officiers pilotes soit des officiers détachés par leur unité pour effectuer des missions d’observation.

Par grade :
Hommes de rang : 30,5%, toutes spécialités : sapeurs, brancardiers, mitrailleurs, téléphoniste.
Caporaux et brigadiers : 9,9%. Sergents, Maréchal des logis, Adjudant : 15,6%
Aspirants, Sous-lieutenants, Lieutenants, Médecins aide-majors, Capitaines : 40,5%( Les sous-lieutenants représentant, à eux seuls, 17% du total général).
Commandants, Lieutenant-colonel, Colonels : 3,50%
Par grands regroupements, on constate que les hommes du rang et petit encadrement représentent 40,40% des décès, les sous-officiers, 15,6% ; les officiers subalternes 40,50%, (en rajoutant les médecins militaires), les officiers supérieurs, 3,50%. On remarquera une surmortalité des officiers car, dans l’armée française, et par exemple ce qui représente le plus gros effectif du corps de bataille, l’infanterie, les officiers représentent environ 2% du total, dans la cavalerie, 5%. On est donc nettement au-dessus des taux nationaux, car pour les respecter, il y aurait dû avoir beaucoup plus de décédés hommes du rang et moins parmi les officiers. Mais il faut remarquer qu’il s’agit d’anciens élèves et de personnels enseignants ou de surveillance d’un Lycée, c’est-à-dire des hommes d’un certain niveau intellectuel présentant des compétences justifiant une mobilisation en tant qu’officiers. A noter, à contrario, que les professeurs du Lycée mobilisés, qui sont pourtant professeurs agrégés ou admissibles, partent comme simples soldats alors que leurs anciens élèves sont officiers. Il n’y a pas d’explication à cette anomalie. Enfin, la mort frappe sans distinction de grade mais par rapport à l’emplacement dans la bataille. Ces hommes appartiennent tous à des unités combattantes, engagées sur le front et on trouvera parmi les morts tout autant le colonel, que le simple soldat, le sergent, le capitaine, l’aviateur, le médecin, l’officier d’Etat-major.

2)- Les blessés, cités à l’ordre du jour ou décorés : 191, dont 76 blessés.
2-1.Ventilation des décorations par grade ou spécialité :
Hommes du rang : 5. Caporaux : 12 . Sergents, maréchal des logis : 26. Adjudant : 2.
Aspirant : 3. Sous-lieutenant :32. Lieutenant : 27. Capitaine : 22.
Commandant : 7. Colonel : 3.
Général : 2.
Médecins : 28. Aviateurs : 6.
2-2.Ventilation des blessés par grade :
Hommes du Rang : 2. Caporaux : 7. Sergents, maréchal des logis : 10. Adjudant : 1.
Aspirant : 2. Sous-lieutenant :16. Lieutenant : 12. Capitaine : 8.
Commandant : 2
Médecins : 6
Total général : 140 morts ou disparus dont 139 élèves et un personnel du lycée plus 76 blessés. Une dernière analyse est possible : celle des personnels mobilisés.

3)-Personnels mobilisés et suivi (8) :
3-1. Situation à la rentrée 1914-1915 : l’effet direct de la guerre.
Personnels du lycée
Administration, direction : 2, pas de mobilisé.
Enseignement : 35 professeurs dont 6 mobilisés : Raoul THAUZIES, né en 1884, professeur agrégé de Lettres, professeur de première suppléant, mobilisé dans les services auxiliaires ; Pierre MESNARD, né en 1883, professeur agrégé de Grammaire, professeur de seconde, mobilisé dans les services auxiliaires comme caporal infirmier le 17 septembre 1914 ; Joseph KELLERSHOHN, né en 1884, professeur agrégé d’Allemand, interprète de la division coloniale ; Julien BARAT, né en 1881, professeur agrégé d’Allemand, mobilisé le 2 août 1914 ; Pierre COCAUD, né en1889, titulaire du certificat d’aptitude en Anglais, mobilisé le 2 août 1914, au 50° RI comme homme du rang ; Pierre CHABAUD, né en 1879, bachelier, répétiteur, mobilisé le 9 juillet 1915 dans les services auxiliaires du 78° RI.
Surveillant d’internat : 6 dont 2 mobilisés : MARIOTTI et LARROQUE.
Culte et enseignement religieux : 1 dont 1 mobilisé, abbé JARRY, né en 1876.
Service économique : 3 dont 1 mobilisé, Louis NOUYRIGAT, né en 1879, sous-économe, en campagne du 11 janvier 1915 au 30 septembre 1917 (infanterie).
Services auxiliaires : 10 dont 8 mobilisés : de BROU de LAURIERE, médecin, GADAUD médecin-adjoint, BUFFET, Chirurgien-dentiste traitant, OZCARIZ, TENANT, CHATEAU, DUFAU, LASSOUTANIE (musique instrumentale)
Total : 57 personnes dont 17 mobilisés. A noter que le plus fort taux de mobilisation se trouve dans les services auxiliaires où il ne reste plus que le Chirurgien-dentiste et l’inspecteur. La mobilisation est bien moindre pour le reste des personnels. Ceci s’explique par l’âge moyen de ces personnels. En effet, en comptant les mobilisés, il est de 44 ans et demi. Ceux qui restent ont en 1914, en moyenne 40 ans, 60 pour le « doyen ». Enfin, les enseignements, l’administration du lycée et la surveillance resteront assurés pendant toute la durée de la guerre, les mobilisés étant remplacés par des suppléants.

3-2 Devenir des personnels mobilisés.
- Enseignants :
Raoul. THAUZIES, est réformé temporaire, repris dans les services auxiliaires, mis en sursis, et reprend son poste le 26 septembre 1918.
Pierre MESNARD, est mis en sursis en octobre 1917 et reprend son poste en 1918.
Pierre KELLERSHOHN, cité à l’ordre de son unité, en congé jusqu’en 1923 puis disparaît des effectifs du Lycée.
Julien BARAT, reprend son poste le 7 février 1916.
Pierre COCAUD, meurt au champ d’honneur le 30 octobre 1915 « vers 8h du matin à Neuville Saint-Vaast, en réparant des fils téléphoniques sous le bombardement ».
Pierre CHABAUD, est de retour en poste en 1918.
Surveillant d’internat : MARIOTTI et LARROQUE sont mobilisés jusqu’en 1918 puis disparaissent des effectifs du Lycée. (Fin de service dans l’Instruction publique).
Culte et enseignement religieux : abbé JARRY de retour en poste en 1918.
- Service économique : Louis NOUYRIGAT après avoir été reversé dans les services auxiliaires pour cause de maladie est mis en sursis à compter du 30 septembre 1917. Il reprend alors son poste et deviendra Econome du Lycée le 29 juillet 1922.
- Services auxiliaires :
de BROU de LAURIERE, médecin, de retour en poste en 1918, cité à l’ordre du régiment.
GADAUD, médecin-adjoint, de retour en poste en 1918, cité à l’ordre du régiment.
BUFFET, Chirurgien-dentiste traitant, de retour en poste en 1918.
OZCARIZ, de retour en poste en 1918.
TENANT, de retour en poste en 1918.
CHATEAU, de retour en poste en 1918.
DUFAU, de retour en poste en 1918.
LASSOUTANIE, de retour en poste en 1919.

3-3,1919.1920 : Le retour à la normale
Personnels du lycée
Administration : 2
Enseignement : 36 dont deux congés
Surveillant d’internat : 5
Culte et enseignement religieux : 2, M. l’abbé JARRY et M. le pasteur CAMBLONG
Service économique : 2
Services auxiliaires : 10
Total : 57
Soit la situation de la veille du déclenchement du conflit. Toutefois, celui-ci est l’occasion
de voir qu’un regard nouveau est porté sur les femmes.

3-4, La place des femmes dans le personnel.
Le personnel est entièrement masculin à l’exception de Mme MAGANNOU, institutrice qui enseigne dans la classe enfantine depuis 1884 et qui prendra sa retraite en 1922, pour être remplacée par une jeune collègue. Les femmes apparaissent néanmoins en tant que remplaçantes dès 1916 avec Mlles THEVENON et BERLANDINA. La première, titulaire d’un D.E.S de Lettres exerce en quatrième, la seconde, titulaire d’un D.E.S d’Anglais enseigne cette discipline. Mlle BERLANDINA remplace de 1915 à 1917, Mlle THEVENON de 1915 à 1919. L’année scolaire 1918.1919, Mlle SIREY fait un remplacement en Histoire et Géographie. Jusqu’en 1948, les femmes exerceront simplement des suppléances, à l’exception des deux institutrices titulaires. Ce n’est qu’à partir de 1944 que l’on voit apparaître la première titulaire. Au secrétariat, les femmes (« dactylo ») apparaissent à partir de 1942(deux personnes). On retrouve donc le phénomène bien connu du rôle des femmes pendant la Première Guerre, intervenant dans le monde du travail, à des postes jusque là réservés aux hommes. Pour ce qui est du Lycée on remarquera néanmoins que ce fut fugace et ce n’est que l’après seconde guerre mondiale qui marquera vraiment l’entrée des femmes. Il est vrai aussi que le Lycée de Jeunes filles, bien que n’existant sous cette appellation que depuis le 1er octobre 1937, accueillait la préparation des baccalauréats depuis 1912. Les enseignantes étaient normalement nommées dans cet établissement. Ce sera, par exemple le cas de Mlle TOUQUET, D.E.S de Lettres classiques qui fera cours de septembre 1933 à juillet 1936 au Lycée de garçons, avant d’être nommée au Lycée de Jeunes filles.

II-Le vécu de la guerre :
II a. La guerre au travers des cérémonies de distribution des prix : « Des pompes et du faste » au drame puis le retour à la normale. (9)
L’approche est d’autant pertinente que l’on dispose de sources convenables et que, par ailleurs, il s’agit d’un grand évènement annuel sur lequel le contexte mondial ne peut que trouver un écho.
La « DISTRIBUTION SOLENNELLE DES PRIX » est annuelle, et donne lieu à un compte-rendu publié par l’ »Association amicale des Anciens élèves du Lycée de Périgueux ». C’est un évènement d’importance, où l’on trouve selon l’expression du Proviseur en exercice pendant la guerre « la pompe, le faste ». Elle est présidée par une haute personnalité, représentant le Ministre de l’Instruction publique. Il s’agit tout autant du Préfet en exercice que d’un député ou d’un sénateur de la Dordogne. On note aussi à plusieurs reprises, le général commandant la 24° division d’infanterie à Périgueux ; plus rarement, le Maire de Périgueux, le Recteur ou l’Inspecteur d’Académie, le Président des Anciens Elèves, Bâtonnier de l’Ordre des Avocats de Paris. Ces hauts patronages montrent bien l’importance de l’établissement et donnent tout leur poids aux discours et déclarations. La distribution suit un cérémonial précis : mise en place des personnalités et participants, discours d’usage prononcé par un professeur, éventuellement intervention du Président, proclamation du palmarès et des succès obtenus aux divers examens, distribution solennelle des prix, en débutant par les félicitations du Conseil de discipline, et en continuant avec les nombreux prix et récompenses. En tant que tel, le document s’avère précieux car il donne de multiples renseignements : teneur des discours, liste des personnels, analyse des lauréats etc...
Le déroulement et les contenus. Les distributions, distribution du 12 juillet 1914 comprise, montrent une communauté vivement attachée aux valeurs nationales et républicaines mais aussi presque insouciante malgré ce que les historiens appelleront plus tard « la montée des périls ». Les thèmes abordés par les orateurs en sont le témoin. On ne voit pas ou on ne veut pas voir venir la guerre.
- Les distributions d’avant la guerre. Pourtant, en 1897, le général MILLE, commandant la 24e division militaire et président de la cérémonie, tenait un discours très lucide. En effet, après avoir exalté la nécessité de faire preuve d’énergie morale, de vigueur corporelle, il pose la question suivante : « nous vivons dans une période de paix armée, est-ce durable alors que l’atmosphère internationale est de plus en plus lourde ? » Et de répondre : » Il faut former des soldats car demain nous assisterons et participerons au choc formidable des nations ». En1902, année du centenaire de Victor Hugo, on traite de : « L’âme de Victor Hugo ». En 1904 : « L’Ecole de Périgueux au Ve siècle, Poètes et Rhéteurs ». En 1905, « Frédéric Nietzsche et l’idéal démocratique ». Le général MOUNIER qui préside la cérémonie se contente de discourir sur le culte de la Patrie. Par contre, en 1906, si le professeur traite de « L’Enseignement de l’Histoire et sa vertu éducatrice », le général AMOUREL est moins abrupt que le général MILLE mais il parle longuement du service militaire de deux ans qui attend les jeunes à la sortie du Lycée, de son contenu, de ses finalités et il évoque le rôle de l’Armée. Dans la République : « Nous souhaitons la paix universelle mais les conditions ne sont pas encore réunies pour qu’elle règne. Aussi, après deux ans passés sous le même toit, à l’ombre du drapeau tricolore, sous un régime inspiré par l’esprit républicain qui doit faire la force de l’armée, les jeunes Français doivent rentrer dans leurs foyers unis par un même lien fraternel, préparés à tous leurs devoirs, prêts à prendre les armes lorsque la patrie sera menacée ». 1907, « Sully-Prudhomme », En 1908, on évoque « les anciens maîtres ». Mais le général SOUVESTRE, dans sa prise de parole, reprend les propos du général AMOUREL. M.A.MESNARD en 1909 présente : « Montaigne ». M LAPORTE traite de « l’originalité » en 1910. A .BOHL présente « l’Amabilité » en 1911. M. EUVRARD en 1912 exalte les vertus d’énergie, de responsabilité personnelle, de rêverie, courage etc. En 1913, M. R. THAUZIES, qui sera mobilisé et dont un fils sera tué à la guerre, cherche ce qu’il y a « dans le cœur de nos lycéens ».Il fait allusion à son prédécesseur M. CAZALS qui, dans ce même cadre en 1887, raillait ses élèves de : « ne pas savoir être jeunes, d’ignorer la bonne humeur ». Il retrouve ce mal en 1913 et croit en trouver la cause profonde « dans les progrès trop rapides de la Science qui déterminent une crise de croissance de la civilisation ». Mais il réaffirme sa confiance « dans leur ardente jeunesse et leur recommande de ne pas oublier que les Français sont l’élite et l’aristocratie du monde ».Le général de CASTELLI (commandant la 24°division de Périgueux), qui préside la cérémonie, fait une intervention dans laquelle il prend à contre pied son auditoire : « Peut-être attendez-vous d’un soldat qu’il vous entretienne des questions militaires à l’ordre du jour. Tel n’est cependant pas mon dessein, surtout après les fortes paroles que vous venez d’entendre. ». Et il exalte alors longuement les vertus des lettres classiques ! Cette intervention est étonnante de la part d’un officier général, parfaitement au courant de l’état de « paix armée » qui règne, notamment du renforcement de sa garnison lié à la loi votée en 1913 sur le rétablissement du service militaire à trois ans. Ce général sera d’ailleurs engagé dans le conflit, dès le début, bénéficiant de la confiance de ses supérieurs et exerçant de hauts commandements. Il publiera ses souvenirs par la suite (10). Le général savait-il et a-t-il préféré ne pas inquiéter son auditoire ? Plus étonnante encore la cérémonie du 12 juillet 1914, présidée par l’Inspecteur d’Académie. L’orateur, M. BAYLE, Professeur d’Histoire, se demande ce que vont devenir « ces jeunes éphèbes, que feront-ils ? Sont-ils assez armés pour le combat ? ». Sa réponse est qu’ils le sont peu « car le Lycée a surtout encouragé les vertus passives ».Or, il va falloir se battre, car « le monde change : que sera la petite Europe devant les 300 millions d’hindous et les 400 millions de Chinois qui s’éveillent aux idées nouvelles ? ». C’est donc un plaidoyer pour la guerre économique et il fait seulement allusion à une autre lutte, mais tout à la fin de son exposé : « et si, à ces heures troubles où les peuples n’obéissent plus qu’au vieil instinct ancestral et se déchirent comme des fauves, la patrie faisait appel à tous ses enfants, souvenez-vous que vous êtes de la terre des Daumesnil et des Bugeaud ! ». L’intervention de l’orateur peut surprendre, ne voyait-il rien venir ? Il s’agit, de plus, d’un professeur d’Histoire et Géographie. Or, à cette date, le mécanisme de déclenchement de la guerre est lancé : l’archiduc héritier d’Autriche, François-Ferdinand, est tombé à Sarajevo le 28 juin 1914 sous les balles d’un jeune étudiant bosniaque. L’Autriche a accusé de complicité le gouvernement serbe, l’ultimatum sera adressé le 23 juillet à la Serbie et la guerre déclarée le 28 juillet. A sa décharge, on sait maintenant que les Français ont été surpris quand l‘ordre de mobilisation les atteint le 1° août 1914 et ce, après une crise internationale aussi brève que subite. Il ne fait que refléter l’opinion générale. C’est donc ainsi que le samedi 1° août 1914, à 16h 28, le préfet de la Dordogne François Canal reçoit l’ordre de mobilisation et met immédiatement en marche le processus prévu. Vers 17h l’ordre parvient à la caserne Bugeaud au 50° R.I. commandé par le lieutenant-colonel Valette. L’unité se met immédiatement en ordre de marche et avec lui les anciens élèves et personnels du Lycée qui y sont mobilisés. Les premiers combats auront lieu le 22 août à Névraumont.
-Le triste bilan de juillet 1915. Tout cela change radicalement en effet l’année suivante : il n’y a plus qu’une simple distribution des prix, elle a lieu le mardi 13 juillet 1915 et elle est simplement placée sous la présidence de M Albert MARCELLY nouveau Proviseur, depuis sa nomination le 15 mars 1915. En effet, son prédécesseur, Monsieur Albert DUTILH en poste depuis le 7 juillet 1908, est décédé subitement le 4 octobre 1914, à son poste. Le nouveau chef d’établissement, procède à l’éloge de son prédécesseur et, « au lieu du discours d’apparat fait simplement entendre le rapide historique de notre lycée pendant la guerre ». En effet, « vous seriez froissés au plus profond de vous-même si vous trouviez ici en ce moment la pompe, le faste dans lesquels s’est déroulée la même cérémonie l’an dernier. ». Il note que : « chacun a fait son devoir, sans compter, sous toutes les formes, on a versé pour les œuvres de solidarité patriotique, nous avons dû nous serrer, nous gêner pour faire place à nos soldats ; mais il faut le dire, la vie dans la maison et le travail dans la maison n’en ont pas souffert ». Il évoque ensuite les personnels mobilisés et fait honorer le nom des « 24 élèves déjà tombés des Vosges à l’Yser ». Il évoque aussi la mémoire des premiers disparus et « ne compte pas les blessés trop nombreux ». Il n’oubliera pas le Capitaine instructeur Lambert (50° RI) qui , en tant que personnel auxiliaire, présidait aux exercices de tir, mort au combat Mais, après la page sanglante, il y a la page lumineuse : mises à l’ordre, croix, médailles. Il exhorte enfin les élèves à être dignes de leurs aînés car : « n’oubliez pas, mes amis, que c’est pour vous que coule tout ce sang généreux », « c’est pour vous garder une patrie, pour vous assurer un avenir paisible et libre ». « Aimez la patrie doublement, vous qui êtes la France de demain ».On ouvre alors le « LIVRE D’OR, LISTES DES ANCIENS ÉLÈVES ET DES FONCTIONNAIRES TUÉS A L’ENNEMI OU MORTS DES SUITES DE LEURS BLESSURES, OU BIEN DISPARUS ; BLESSÉS, CITÉS A L’ORDRE DU JOUR , OU DÉCORÉS » . Ce Livre d’Or est publié chaque année, complété car morts, blessés, disparus, décorés s’accumulent. Sans qu’il soit possible de savoir quelles sont les sources qui permettent de tenir ce registre d’une grande complexité. En effet, les mobilisés sont sur tous les fronts et sont nombreux. De plus, les situations sont variées, la tenue du décompte des morts et des blessés peu aisée en particulier au début de la guerre compte tenu des hécatombes et de l’effet de surprise qui désorganise en partie l’armée française. Enfin, la censure est en place et les communications peu aisées. Pourtant, le Livre est tenu à jour. Ceci perdurera jusqu’en 1922, c’est alors que le monument du hall remplacera et honorera dans le marbre les disparus. Il est un fait que d’entrée de jeu l’établissement a été sévèrement touché, les distributions suivantes vont continuer dans ce ton. Celle du jeudi 13 juillet 1916 est présidée par le Proviseur, M. MARCELLY. Le discours d’usage est prononcé par M. BAYLE, celui-là même qui avait fait le discours de juillet 1914. Le décalage entre son état d’esprit en 1914 et celui de 1916 est flagrant. En effet, il commence par ces mots : « Au moment où je me lève, comme je le faisais il y a deux ans, presque à la veille de ce terrible cataclysme que personne ne soupçonnait, malgré moi une émotion intense me saisit. ». Il est quand même étonnant de remarquer que celui qui se définit en 1916 comme le doyen d’âge déclare ne rien avoir soupçonné en juillet 1914. Il exhorte l’assemblée à continuer les efforts qu’elle fournit pour soutenir l’effort de guerre et il termine par une note d’espérance : « partout, des Vosges au Grand-Couronné, des plateaux de la Somme aux marais de l’Yser, par-dessus les tombeaux, les incendies, par-dessus les ruines des cités martyres c’est l’aube qui se lève. Haut les cœurs et haut les fronts ! » Suit la distribution des prix. En 1917, la présidence est assurée par le général CLERGERIE qui prononce une allocution. Il reprend l’argumentation de M DORIN qui a prononcé le discours d’usage. Pour illustrer son propos il évoque « comment en qualité de chef d’état-major des armées de Paris, sous les ordres de mon illustre et vénéré chef, le général Galliéni, il m’a été donné de collaborer à la préparation de la plus grande formidable surprise qu’ait éprouvée depuis longtemps le Grand État-Major allemand, plus particulièrement le général von Kluck, commandant la première armée allemande. Je veux parler de cette partie de la grande bataille de la Marne qui a été livrée par l’armée de Paris et portera dans l’histoire le nom de bataille de l’Ourcq. Ils n’en sont pas encore revenus ; ils n’en reviendront pas ».En effet, d’après le général CLERGERIE, GALLIENI « a eu l’audace de faire ce que Von Kluck considérait comme impensable : jeter toutes ses forces disponibles à soixante kilomètres de sa place ». Sa conclusion est qu’il faut « AGIR ». M DORIN, l’orateur avait quant à lui exalté, « la France pays des surprises et des résurrections ». Et l’on retrouve le thème récurrent : »Hier, c’était la quiétude absolue, la France semblait endormie dans un rêve, aujourd’hui c’est le réveil, le robuste élan aux champs de la gloire ». Il accuse l’Allemagne de nous avoir endormis, d’avoir sapé la gloire de la France dans le monde, aidée en cela par des Français, par snobisme, par scepticisme. Mais notre pays s’est relevé et nous volons de victoires en victoires. Propos que le général CLERGERIE se devait d’illustrer par son témoignage.
Vers le retour à la normalité. A partir de 1918, on assiste à un retour à la normale. En effet, le vendredi 12 juillet 1918, M. ROQUERE Préfet de la Dordogne préside ce qui redevient une » Distribution solennelle des prix », le discours d’usage étant confié à M TERRADE Professeur de Troisième. Retour à la normale aussi dans la teneur des propos de l’orateur. Il est « conscient que le canon tonne du Rhin à l’océan, mais nos distributions des prix font partie des choses indestructibles » et, « comme depuis que dure la guerre, chaque année ceux qui m’ont précédé sur cette estrade vous ont parlé de la patrie et de ses héros, je préfère vous entretenir d’un sujet toujours d’actualité, de nous-mêmes, de notre accent ». Ce qu’il fait allant jusqu’à poser la question de l’utilité désormais d’apprendre encore l’Allemand, d’autant que cette langue subit une désaffection auprès des élèves. Il faut continuer, au contraire affirme t-il « car vous serez mieux à même de défendre vos propres intérêts en Allemagne quand la paix française vous y aura réservé une participation plus facile aux affaires ». Il termine en évoquant la future victoire « celle de la France dont l’accent rénovera le monde enfin pacifié et tranquille dans le Droit et la Liberté ». Le samedi 12 juillet 1919, la cérémonie est présidée par M. R. DEBUC, Procureur de la République à Périgueux, le discours prononcé par M. SIMON Professeur d’Anglais, nouveau venu dans la maison et à qui, signe de retour à la normale on a confié le pensum annuel. Il exalte l’amitié franco-américaine née de la guerre et "qui doit y survivre". Le Procureur, quant à lui, encourage ses jeunes amis « à aller vers le chevaleresque et le grand, à avoir foi dans le progrès ». Le rythme des distributions reprend alors complètement son cours normal avec, on peut le supposer, « son faste et son décorum » antérieurs..
Le point d’orgue. 1923 voit en effet deux cérémonies. La distribution solennelle des prix a lieu le Vendredi 13 juillet 1923. Elle est présidée M. PETIT, Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, le discours est prononcé par M.SEGUIN, Professeur de Mathématiques. Mais surtout, le dimanche 15 avril, à 14 heures dans une des cours de l’établissement, en la présence des plus hautes autorités civiles et religieuses du département, a lieu l’inauguration du monument érigé en l’honneur des élèves du Lycée morts pour la France. La cérémonie est placée sous la présidence de M. Raoul Rousset, Président de l’Amicale des anciens élèves du Lycée, assisté de M. l’Inspecteur d’Académie et du Proviseur. Sont présents le Préfet de la Dordogne, les sénateurs Guillier et Sireyjol, les députés Saumande et Gadaud, le général commandant la division, le Président du Tribunal civil, le président du Tribunal de commerce, le représentant de l’évêque de Périgueux et maintes personnes car : « la vaste cour du Lycée était trop étroite pour contenir les assistants ». Les discours sont prononcés par le Proviseur, le professeur Sausy au nom de ses collègues et le président R Rousset. L’appel des morts est fait par le docteur Pouyaud, secrétaire de l’Amicale des anciens élèves, le ban est ouvert et fermé, la musique militaire prête son concours. « Les chœurs préparés avec un soin pieux par les élèves du Lycée sous la direction de leur dévoué professeur, M. Oscariz, scandent les différentes parties de la cérémonie ». Mme Ducuron entonne la Marseillaise « de sa voie vibrante d’émotion ». « Un défilé s’organise, en tête marchant tous les élèves portant dans leurs bras des gerbes de fleurs, suivis des personnalités officielles, familles des morts et un nombreux public ». Un temps d’arrêt et de recueillement est marqué devant le monument élevé aux morts de la guerre de 1870. Enfin, « un défilé interminable eut lieu devant le monument placé au seuil même du Lycée, dans le vestibule ». « Il est l’œuvre d’un des élèves de l’établissement, élève des plus distingués de l’école des Beaux-Arts, M. Pierre Cocula, l’œuvre est simple et belle, d’une grande harmonie. Elle fait honneur à notre jeune concitoyen ». Le discours du bâtonnier Rousset, est particulièrement intéressant dans la mesure où il donne une idée des sentiments que peut nourrir une partie de l’opinion ainsi que le finalité du monument. C’est ainsi qu’il commence son allocution en se reconnaissant dans l’impossibilité « de louer les noms de ces valeureux martyrs du Droit et de la Liberté ». Sauf à dire : « Ils sont morts pour la Patrie ; leur mémoire s’offenserait d’une autre louange ! ». Il donne la finalité de l’Association et du monument : « L’Association des Anciens Elèves du Lycée de Périgueux a le culte de l’Amitié comme il convient au pays de Montaigne ainsi que le culture de l’incomparable esprit universitaire français, que voulait détruire la haine infatuée de la Germanie ». Elle a un « double devoir : apporter le témoignage ému de sa douloureuse fierté et sa reconnaissance infinie aux « élèves du Lycée qui sont morts pour que puissent vivre », dans leur pays libre les élèves d’aujourd’hui et ceux de demain, que brûlait d’asservir la pesante kultur et la raideur teutonne. C’est là le sens profond de ce monument, il dit aux générations qui se succèderont ici, que 140 des nôtres sont morts pour elle. Tant que restera debout notre vénérable maison pas un des élèves qui ne soit obligé de passer devant ce prestigieux tableau d’honneur et d’en recevoir la grande leçon de vertu civique et de dévouement à la Patrie ». Il rappelle que : » cette leçon a été reçue par ces morts de leurs devanciers de 1870 ». « Il faut donc aussi évoquer les vaincus d’hier vengés par les vainqueurs d’aujourd’hui. Réunissons les victimes des deux invasions de 1870 et de 1914 ». Il stigmatise alors l’adversaire : « Car c’est toujours le même agresseur, le monstrueux ennemi qui a préparé avec une longue et infernale perversité, puis brutalement imposé les deux guerres abominables ». Qui plus est cet adversaire « s’enorgueillit pour la première guerre, et pour la seconde, il nie sa responsabilité et se déclare insolvable ». Il pose la question du sens de ces morts et y répond ainsi : « Pour défendre notre sol, nos traditions, notre patrimoine d’honneur et de liberté, venger leurs aînés, rendre l’Alsace et la Lorraine, si odieusement arrachées. Elles aimaient la vie, ces intelligences fraîches et vives, ces volontés enthousiastes et ces énergies en fleur ». « Ils ont tout donné parce que c’était leur devoir, parce que l’honneur le commandait, par amour du pays, parce que la guerre est détestable et qu’en gagnant celle ci ils croyaient en prévenir le retour ».
A noter enfin, que 1923 marque la dernière parution du Livre d’Or dans le recueil. Rappelons aussi qu’à cette date, une photographie de Pierre Cocaud est exposée dans la salle où il enseignait et ce, depuis 1921. (11)

II-b. La guerre au travers des assemblées générales des professeurs et professeurs adjoints. (12)
Ces assemblées ont lieu 7 à 10 fois par an, elles rassemblent en moyenne une vingtaine de participants et sont présidées par le Proviseur, plus exceptionnellement par l’Inspecteur d’Académie. Ce sera ainsi le cas pour une bonne partie de l’année scolaire 1914-1915 à la suite du décès du Proviseur en exercice (séances du 12 octobre, 21 novembre 1914, 3 février 1er mars 1915). Ces réunions donnent, plus que les séances du Conseil d’administration, et ce, à cause de leur contenu et de leur plus grande fréquence, des renseignements fort intéressants sur la vie quotidienne et le vécu de l’établissement. On y traite en effet, les passages dans les classes supérieures, l’élaboration du Tableau d’honneur, l’obtention du certificat d’études secondaires, la répartition des 8 jours de congés mobiles, les bourses, le calendrier des conseils de classes et la préparation de la Distribution des Prix Tout ce qui concerne la vie pédagogique quotidienne de l’établissement est décrit ainsi années après années. Il en sera ainsi pendant toute la guerre, celle-ci apportant son lot de sollicitations et d’évènements nouveaux.
Une participation certaine à l’effort de solidarité national et un essoufflement tardif. La séance du 22 mars 1915, présidée par le nouveau proviseur est la première où la guerre apparaît. Il s’agit de l’organisation de la « journée Serbe » prévue pour le vendredi 25 mars 1915 ; Il est convenu que : « les élèves seront réunis au réfectoire à 3 heures et une conférence leur sera faite par M. Raoul Thauziès ». A la séance du 12 novembre 1915, la guerre est à nouveau évoquée à l’occasion de la communication d’une circulaire relative à l’ "Œuvre des Pupilles de l’Ecole publique". L’œuvre est en « voie de formation, elle ne doit pas laisser indifférents les professeurs des Lycées. Beaucoup d’enfants, élèves d’écoles de tout ordre, devenus orphelins du fait de la guerre, ne pourront plus fréquenter des écoles si on ne leur vient pas en aide. L’œuvre aura pour but de leur permettre la poursuite de leurs études ». L’assemblée décide de nommer un comité qui étudiera les dispositions à prendre. A la séance du 2 février 1916 le Proviseur donne lecture d’une circulaire de M. le Recteur concernant les prisonniers de guerre. Il s’agit de : « faire plus que l’amélioration matérielle de leur existence matérielle mais aussi de se préoccuper de leurs besoins intellectuels par des envois de livres ». La séance du 1er mars 1916 voit la lecture d’une circulaire concernant une « Oeuvre de Fraternité américaine pour orphelins français » « Plusieurs élèves du Lycée sont orphelins du fait de la guerre et pourraient être intéressés par cette œuvre ». « On fera connaître cette offre, sans froisser aucune susceptibilité ». A la séance du 3 mars 1917, le Proviseur demande que les quêtes mensuelles dans chaque classe soient reprises au profit des œuvres locales et des Sociétés d’assistance. « Pour secourir toutes les misères que fait naître la guerre ».L’assemblée est mise au courant des dispositions prises pour assurer au Lycée le fonctionnement des travaux agricoles recommandés par une récente circulaire ministérielle. Un ancien potager, transformé depuis quelques années en terrain de jeux, va être remis en culture. « Une offre généreuse, d’un ami du Lycée, va fournir le laboureur, les bœufs nécessaires pour défoncer le terrain et fournira les instruments et les engrais ». A la séance du 7 novembre 1919 il est fait état de la proposition d’une œuvre de solidarité « l’Ecole pour l’Ecole » qui demande de venir en aide aux écoles des pays dévastés en leur donnant pour « parrain » les établissements de l’arrière que la guerre n’a pas éprouvés. L’assemblée décide d’adopter ainsi une école de la Somme. Il est mis en place un comité et des versements mensuels sont prévus pour les élèves et les professeurs. C’est l’École de garçons de Cagny, 44 élèves, canton d’Amiens qui est attribuée au Lycée. A la séance du 20 décembre 1919 il est décidé de se mettre en relation directe avec l’instituteur. A la séance du 28 février1920, le Proviseur attire l’attention de l’Assemblée sur la nécessité d’inviter les élèves à verser de l’argent en vue d’une souscription à « l’Emprunt de la Paix » en cours. Le professeur de Français de chaque classe est chargé de réunir les fonds. Dès la séance du 23 mars 1920, le total des sommes versées par les élèves du Lycée en vue de souscrire à cet emprunt est donné, soit une somme de 662,75 francs. Ceci représente 6 titres de rente, le reste (62,75) sera attribué à des œuvres de bienfaisance. : « Société de protection des Engagés volontaires » et aux « Orphelins de l’Enseignement secondaire et Pupilles de la Dordogne ». Ce n’est qu’au cours de la séance du 4 juin 1920 que l’on voit poindre la lassitude. Il y est en effet question de vente d’insignes au profit des régions dévastées. Il s’agit d’une demande faite par une association : « L’œuvre du Devoir Social » qui œuvre « pour la reconstitution des foyers détruits par la guerre ». L’assemblée objecte « la lassitude des élèves, à la bourse desquels il a été fait appel tant de fois et, d’autre part, la négligence de l’œuvre de l’Ecole pour l’Ecole dans les transmissions à l’école de Cagny des paquets expédiés par le Lycée ». Il est convenu de « faire la tentative en pensant rencontrer peu d’empressement ». La « Ligue française d’éducation morale » adresse un appel aux jeunes gens pour susciter dans chaque établissement scolaire un groupement de jeunes gens, une « Ligue des Volontaires du Devoir » dont le programme a pour objet : « la concorde, le travail, le sentiment du bien public, la dignité ». L’assemblée reconnaît l’utilité d’un tel groupement et en verrait volontiers la réalisation.

Le premier et seul mort parmi les personnels enseignants, auxiliaires, de surveillance. Mise en œuvre du processus d’hommage aux combattants. A la séance du 22 novembre 1915, le Proviseur salue la mémoire du premier mort, parmi les personnels : Monsieur Pierre Cocaud, professeur d’Anglais « mort au champ d’honneur ». Ce natif de Bouvron en Loire Inférieure né en 1889, fut un élève de l’Ecole Normale d’instituteurs de Savenay, instituteur stagiaire à Donges, puis, après avoir été reçu au certificat d’aptitude en Anglais, nommé au Cateau, admissible à l’agrégation d’Anglais en 1913, chargé de cours au Lycée de Périgueux à compter du 17 octobre 1913. A la séance du 4juin 1920, il est proposé « de remettre une médaille commémorative destinée à perpétuer au Lycée le souvenir de M. Cocaud, tombé au champ d’honneur ». L’assemblée se déclare d’avis d’attendre que, sur l’initiative de Mr le Proviseur, l’Association Amicale des anciens élèves édifie au Lycée un monument aux morts. La double cérémonie offrira ainsi toute la solennité désirable. Une délégation du Lycée demandera au Président de l’Association son concours moral et pécuniaire. Mais l’Assemblée décide que dès maintenant une souscription sera commencée en vue de l’érection de ce monument et que des adhésions seront recueillies. Elle estime, en outre, qu’il est nécessaire de réparer le monument aux morts de 1870 ; un appel sera fait pour cela au Conseil d’Administration du Lycée. C’est donc là le point de départ de la démarche qui va conduire à l’érection du monument actuel.
Création de prix commémoratifs. A la séance du 29 mai 1916, on examine la requête de Monsieur Thauziès souhaitant créer un prix « Hubert Thauziès » afin de perpétuer la mémoire de son fils, ancien élève du Lycée, élève de l’Ecole Normale Supérieure, sous-lieutenant d’infanterie mort au champ d’honneur. L’assemblée donne une suite favorable à cette proposition. Le prix sera provisionné par un don d’un titre de 24 francs. C’est à la séance du 25 mai 1917 que M. Aublant, père d’un ancien élève du Lycée, mort au champ d’honneur, souhaite fonder en mémoire de son fils, un prix annuel nommé « Prix Jean Aublant », attribué à l’élève de seconde qui obtiendrait le premier prix de Français. Le prix sera provisionné par un don d’un titre de 20 francs de rente à 3%. A la séance du 28 février 1920 il est question du legs « Ameline » (1000 francs en rentes à 5°/° sur l’Emprunt de la Paix) pour créer un prix à la mémoire de son fils Raymond ancien élève du Lycée tombé au champ d’honneur. L’élève lauréat pourra être de tout niveau et il s’agira de récompenser « les qualités de cœur et de caractère, la bonté, le travail et les vertus civiques naissantes qui annonceront un bon français ».
C’est enfin à la séance du 4 juin 1920 qu’apparaît le dernier legs : le legs Obier pour « Robert Obier » ancien élève du Lycée, mort pour la France à Counandre Marne). Ce legs consiste en un titre de rente de cinquante francs. Ce sera un prix pour l’élève de la classe de Philosophie qui aurait obtenu le prix d’Histoire naturelle.
Le retour à la vie normale. Il est marqué par l’arrivée d’un nouveau Chef d’établissement. Le 7 juin 1920, M. Marcelly décède prématurément. Il est remplacé le 1er juillet par M. Robert. Celui-ci après une année de fonctionnement décide, à partir de la réunion du 8 octobre 1921, de préciser avec fermeté des points qui semblaient avoir étés négligés au fil des années de guerre. Les professeurs et professeurs-adjoints sont donc fermement avertis qu’il leur appartient de : veiller à la bonne tenue des cahiers de textes et carnets de correspondance, respecter le calendrier des compositions, vérifier les tâches imposées aux élèves, respecter les heures de sonnerie, laisser les classes propres, aérées et en bon état après leur cours. A partir du 16 novembre 1922, les fraudes deviennent un gros sujet de préoccupation. Deux élèves seront même pris en flagrant délit. Le conseil décide de leur mettre « un zéro inscrit à l’encre rouge sur le livret scolaire avec mention du motif ». Cette décision est récusée par le Recteur qui, après avoir consulté le Ministre, estime que « la sanction est trop dure car il s’agit d’un document exigé au baccalauréat ». Quoiqu’il en soit, le Ministre produira une circulaire concernant la surveillance des compositions et condamnant vivement la fraude. Enfin, preuve que la vie a repris son cours normal, en 1923, le proviseur estime qu’il y a trop de retenues et qu’il serait temps de faire preuve de plus de modération.

On voit donc que les répercussions sur la vie quotidienne du Lycée sont nombreuses et que l’établissement répond aux nombreuses sollicitations qui lui sont faites. Certes, vers la fin de la guerre, une certaine lassitude est sensible. La sensibilité de l’époque se manifeste par la création de 5 prix spécifiques dédiés à la mémoire de 5 anciens élèves morts au combat : les prix Hubert Thauziès, Jean Aublant, Albert Montiès, Raymond Ameline et Robert Obier.

II c. La guerre au travers du Conseil d’administration du Lycée. (13) Les débats concernent essentiellement le fonctionnement matériel, voire purement budgétaire de l’établissement. On y trouve néanmoins des éléments intéressants sur le vécu de la guerre :
Sur la participation à l’effort national : le 1° février 1918, le Proviseur est heureux d’apprendre au conseil que la souscription des élèves au 3° emprunt national a apporté de quoi acheter six titres de rente pour les Pupilles de l’lnstruction publique de la Dordogne.
Sur les restrictions et difficultés économiques : le Conseil du 16 octobre 1916 fait état de « la cherté toujours croissante des livres, des fournitures classiques, et des denrées alimentaires ». (à propos du relèvement des nouveaux tarifs scolaires et des gages de début des agents). Une demande de crédits supplémentaires « pour faire face aux dépenses croissantes liées aux circonstances actuelles » est faite en 1917. Il en sera de même à la séance du 12 avril 1918. On fait état de difficultés de paiement des fournisseurs le 27 mai 1918, et il faut encore emprunter au fonds de réserve.
Sur les difficultés d’approvisionnement en gaz : la séance du 23 mai 1917 évoque les difficultés d’approvisionnement et le recrutement difficile des surveillants ainsi que l’insuffisance de l’éclairage au gaz, l’hiver dernier. Et ce, « pendant plusieurs jours avec le retour à la bougie pour les études et dortoirs ». Il est même envisagé pour l’hiver prochain l’impossibilité d’avoir du gaz de 4h du soir à 8h du matin. Ce sera là le point de départ de l’électrification de l’établissement. En effet, le Proviseur soumet au conseil un projet d’éclairage du Lycée à l’électricité. En novembre 1917, la première tranche de l’électricité est faite (études et dortoirs) et on envisage alors de l’étendre aux appartements de fonction.
Mais il faudra attendre le 2 décembre 1918 et une demande de restitution des 300 draps réquisitionnés le 19 août 1914 pour l’Armée assortie d’une demande supplémentaire de crédit extraordinaire « pour achat de draps et serviettes » pour comprendre que l’établissement a fait l’objet d’une réquisition par l’autorité militaire le 19 août 1914. Le Proviseur y avait fait juste une allusion à l’occasion de son discours de la distribution des prix de 1915. Et ce n’est que le 13 septembre 1919 que des précisions supplémentaires sont apportées. Il est alors fait retour sur « l’occupation des locaux pendant les grandes vacances de 1914 par les troupes et sur les dégradations causées ». Ceci s’est fait « dans la précipitation et il n’y a pas eu d’état des lieux ni d’indemnisation par l’autorité militaire ». Il n’a été possible ensuite de procéder à l’entretien ni à la remise en état pendant la guerre d’où encore une fois la nécessité du recours au prélèvement sur le fond de réserve pour « remise en état des vestibules d’entrée, de corridors, de salles, acquisition de tables, bancs, chaises afin de réutiliser le Petit Lycée qui nous est enfin rendu ». On retrouve là le retour à la normale signalé plus haut en remarquant toutefois que l’établissement aura attendu décembre 1918 pour se manifester officiellement et faire état des désagréments causés par la réquisition militaire de l’été 1914.

Conclusion.

Le Professeur Marius Lévy qui enseigna dans l’établissement de 1927 à 1970 décrit ainsi ses études au Lycée de Beauvais pendant la Première Guerre mondiale : « De ma Cinquième, en 1914, jusqu’à ma première, en 1918, nous connûmes à Beauvais tous les flux et reflux de la guerre, les difficultés du ravitaillement et de l’éclairage, et, pour finir, les bombardements aériens. La fin de l’année scolaire fut, en 1918, si violemment secouée et même impossible que mes parents m’envoyèrent quatre mois, à Lyon, chez une tante » (14). Il s’agit là d’un témoignage qui porte sur la vie d’un établissement situé à proximité, voire dans la zone des combats. Le Lycée de Périgueux a vécu le drame à l’arrière et, à part l’épisode de la réquisition pendant les grandes vacances de 1914, n’a pas directement subi les aléas du Lycée de Beauvais. Pour autant, comme l’arrière, il a participé à la guerre et à son effort. Il y a eu de nombreux morts parmi ses anciens élèves, un pour le corps enseignant et de nombreux blessés. Les enseignements ont été perturbés par les départs au front, les remplacements, les retours d’enseignants plus ou moins profondément marqués par le front. L’établissement a répondu à toutes les sollicitations et collectes. Les restrictions ont frappé tout le monde et l’on voit bien peu à peu, une lassitude résignée gagner les esprits. Il est évident néanmoins, que la sortie de guerre se fait dans de bien meilleures conditions que dans le cas d’un lycée des zones de bataille. Pourtant on sent bien que la résignation de la dernière année de la guerre laisse présager que cette résistance du sentiment national dont témoigne le Lycée comme l’ensemble du pays, avait atteint avec la guerre de 1914 un sommet, et qu’on ne pourrait recommencer. La comparaison avec la période 1939-1944 pourrait, à cet égard, se révéler intéressante.

LISTE DES ANCIENS ÉLÈVES ET DES FONCTIONNAIRES TUÉS A L’ENNEMI OU MORTS DES SUITES DE LEURS BLESSURES, OU BIEN DISPARUS.
ÉTAT COMPLÉTÉ.

ADENIS René, 1877 (Dordogne), sergent au 131°R.I., 20 décembre 1914 aux Hurlus (Marne).
AGARD Pierre, 1889 (Dordogne), brancardier au 50°R.I., 24 octobre 1916, Périgueux (Dordogne), « suite maladie contractée au front ».
ALARY Maurice, 1888 (Dordogne), lieutenant 108°R.I., 3 mars 1915, Hôpital militaire de Chalons (Marne), « suite blessures reçues au combat ». Chevalier de la Légion d’honneur.
AMELINE Raymond, 1895 (Dordogne), 176°R.I, 21 juin 1915 aux Dardanelles, disparu (bataille de Sedd ul Bahr), Médaille militaire, Croix de guerre.
AMEUILLE Albert, 1898 (Indre), 287°R.I., 12 août 1918, Conchy-les-Pots (Oise), Médaille militaire.
ANDRAL Louis, 1894 (Lot et Garonne), lieutenant au 59°R.I., (lieutenant d’observation aérienne), 30 octobre 1918 « dans un combat aérien », Cierges (Meuse).
AUBARBIER André, 1894 (Dordogne), sergent 54° R.I., disparu, 20 juin 1918, Calonne (Meuse).24
AUBARBIER Louis, 1891 (Dordogne), caporal, 126°R.I., disparu 28 août 1914 (illisible, Ardennes).
AUBERTIN Henri, 30.07.1898, engagé volontaire, 25 février 1917, Limoges (Haute-Vienne).
AUBLANT Jean, 1896 (Dordogne), aspirant au 161°R.I., 7 octobre 1916, Sailly-Saillisel (Somme), cité ordre du corps d’armée, Médaille militaire.
AUBRY Félix, 1872 (Sarthe), capitaine au 141° R.I., 12 septembre 1914, « illisible », Pas de Calais).
AUDIT Jean, 1891 (Dordogne), sergent au 13° chasseurs alpins, 31 août 1914, Mandray (Vosges), « suite blessures reçues au combat ». Cité.
AUROUSSEAU René, 1894 (Haute-Vienne), sergent au 108°R.I., 22 août 1914 Nèvremont (Belgique), Cité ordre de l’armée.
AUROUSSEAU Roger, 1890 (Haute-Vienne), sous-lieutenant au 344°R.I., 20 août 1914, Faxe-Fontenay (Lorraine), cité ordre de l’armée.
BADENHUYER Raymond, 1891 (Deux-Sèvres), sous-lieutenant au 32°R.I., 25 août 1914, Forêt de Champenoux (Meurthe et Moselle), cité ordre de l’armée.
BARJON Pierre, 1896 (Dordogne), caporal au 54° R.I., 21 juin 1915, Rupt en Woëvre (Meuse), cité.
BAXAS Raoul, 1895 (Dordogne), 2°Régiment colonial, 31 mai 1918, Merville (Somme), cité, Médaille militaire.
BAYLE Ferdinand 1892 (Dordogne), 50°R.I., disparu, 24 août 1914, Blagny (Marne).
BEAUDET Georges capitaine au 401°R.I., 24 octobre 1916, « sur la Somme », cité.
BENITE Pierre, 1891 (Dordogne), lieutenant au 122°R.I., 29 octobre1914, Saint-Junien-les-Ypres (Belgique), Chevalier de la Légion d’honneur, cité ordre de la division.
BERGUIN Henri 1859 (Dordogne), colonel 143°R.I., disparu 20 août 1914, Mulhwald (Lorraine).
BERTAUD Amédée, caporal 415° R.I., disparu.
BEYNEY Raymond, 1891 (Dordogne), lieutenant au 214°R.I., 27 mars 1916, hôpital temporaire de Revigny (Meuse), « suite blessures reçues au combat », cité ordre de l’armée.
BEYNEY Robert, 1895 (département de Constantine Algérie), sergent 143°R.I., disparu, Wytschaete (Belgique).
BIRABEN Jean 1889(Dordogne), sergent au 3°R.I., 26 septembre 1914, Stenay (Meuse), cité.
BOISSAT-MEZERAT André, 1887(Dordogne), enseigne de vaisseau, 1° Régiment de fusiliers-marins, 10 mai 1915, Saint-Georges (Belgique), Chevalier de la Légion d’honneur, cité ordre de l’armée.
BON Max, 1897, 258° Régiment d’artillerie, 21 mai 1917 (Aisne), cité.
BONNAUD René, 1885, 125°R.I., 17 juin 1915, Neuville Saint-Vaast (Pas de Calais), cité ordre du régiment.
BOURGES RENE, 1893 (Dordogne), sous-lieutenant, 8° bataillon de chasseurs à pied, 20 septembre 1916, Maurepas (Somme), cité ordre du corps d’armée, chevalier de la Légion d’honneur.
BOURNEAU René, 1889 (Dordogne), sous-lieutenant au 300°.R.I, 3 septembre 1914 Souain (Marne).
BOUSSAT Denis, 1870 (Bouches du Rhône), Lieutenant-colonel, commandant la 6° brigade de chasseurs alpins, 17 décembre 1915 à l’Hartmannswillerkopf (Alsace), cité ordre de l’armée, Officier de la Légion d’honneur.
BOUYX Jules, lieutenant au 308°R.I.
BRACHET Marc, 1892 (Dordogne), aspirant 50°R.I., 30 octobre 1915, Neuville Saint-Vaast (Pas de Calais), cité ordre du, régiment.
BURETTE Louis, 1897 (Dordogne), caporal, 6° bataillon de Chasseurs alpins, 16 juin 1915, Braunkorpf (Alsace).
CASTEL Georges, 1881 (Dordogne), sapeur mineur au 4° Régiment de Génie, 14 février 1915, Cambrai (Nord), disparu.
CAUSSADE René Pierre, 1893 (Dordogne), sergent fourrier 131°R.I., 22 septembre1914, Saint-Soupplet (Seine et Marne).
CAZAUD Léonard, 1896 (Dordogne), maréchal des logis au 252°régiment d’artillerie, 6 septembre 1917, Centre hospitalier de Souilly (Meuse), « suite blessures reçues au combat », cité, Médaille militaire.
CERE Georges, 1895 (Dordogne), engagé volontaire 1° régiment d’artillerie, 3 juillet 1915, hôpital, de Commercy (Meuse), « suite blessures reçues au combat ».
CHABROL Armand 1889 (Haute-Vienne), sous-lieutenant au 63°R.I., 21 décembre 1914, Jonchery (Marne).
CHALAVIGNAC Pierre, 1896 (Dordogne), 418°R.I., 16 août 1916, Maurepas (Somme).
CHALON Gaétan, 57°R.R., 30 septembre 1914, Craonne (Aisne).
CHANCOGNE Georges, 1879 (Dordogne), médecin aide-major de 1° classe, 125°R.I., 13 juin 1918, Méry (Oise).
CHANSARD Emile, 1887 (Dordogne), 308°R.I., 28 août 1914, Moislains (Somme), disparu.
CHARBONNET Georges, 1896 (Dordogne), aspirant 51° régiment d’artillerie, 4 mars 1916, Mourmelon (Marne), cité.
CHARBONNET Jean, 1895 (Dordogne), sous-lieutenant au 9° régiment d’artillerie, 17 août 1916, hôpital d’Amiens (Somme), » suite blessures reçues au combat », cité ordre de la division.
CLOCHE Pierre, 1880 (Dordogne), 14°R.I., 16 février 1915 (Marne), « suite blessures reçues au combat », cité ordre de l’armée.
COCAUD Pierre, 1885 (Loire Inférieure), 50°R.I., 30 octobre 1915, Neuville Saint-Vaast (Pas de Calais).
CONILHERGUE Henri, 7° régiment colonial, Saint Rémy sur Bussy (Marne).
CRUVEILLER Louis, 1894 (Dordogne), caporal au 50°R.I., disparu 2 septembre 1914, Le Chesnes (Ardennes).
DANTOU Edgard, 1889 (Dordogne), adjudant au 50° R.I., 3 décembre 1914 devant Prosnes (Marne). Médaille de Saint Georges.
DASTOUET Marie Louis Paul, 1888 (Dordogne), capitaine au 149°R.I., 13 octobre 1915, Hôpital Necker (Paris), « suite blessures reçues au combat », cité ordre de l’armée, Chevalier de la Légion d’honneur.
DAUVERGNE Léon 1891(Dordogne), sous-lieutenant 117°R.I., 6 octobre 1915, « nord-est de Saint-Hilaire le Grand (Marne) », Chevalier de la Légion d’honneur, Cité à l’ordre de l’armée.
D’ESCOBECA de BOISSE Raymond, capitaine 123°R.I., 21 octobre 1914, Berry-au-Bac(Aisne), cité ordre de l’armée.
DEJAMMET Raymond, 1891 (Dordogne), sous-lieutenant au 3° régiment de zouaves, 14 septembre 1914, Crouy (Aisne).
DELAVAUD-DUMONTEIL Paul, brigadier 1° chasseur, 11 octobre 1914, Béthune (Pas de Calais).
DELFOUR Pierre, 1891 (Dordogne), sergent au 127°R.I., disparu, 4 septembre 1916, « près de Maurepas » (Somme).
DENIS Gabriel caporal infirmier au 291° RI., 20 octobre 1915, Epernay (Marne).
DERVAUD Henri, 1871 (Dordogne), capitaine au 88°R.I., 9 septembre 1914, bataille de la Marne.
DESMOULIN Camille, 1874 (Vienne), capitaine, 2° régiment tirailleurs de marche, 25 février 1916, Louvemont (Meuse), cité ordre de l’armée, Chevalier de la Légion d’honneur.
DUBOST Maurice, 1885 (Charente), sergent au 78°R.I., 15 avril 1917, Butte de Souain (Marne), cité ordre du corps d’armée.
DUNOGIER Joseph, capitaine d’état-major, disparu 1914.
DURET Louis, 1895 (Haute-Saône), 58°régiment colonial d’infanterie, 2 mai 1915, disparu aux Dardanelles (bataille de Sedd ul Bahr).
FAGEOL Pierre, 1890 (Dordogne), capitaine, détaché du 50° régiment d’artillerie, aviateur, commandant le 2° groupe d’aviation, 24 juin 1918, Coeuvres (Aisne), « suite blessures reçues en combat aérien » Cité ordre de l’armée, Chevalier de la Légion d’honneur.
FARGEOT Camille, 1890 (Dordogne), médecin aide-major 162°R.I., 6mai 1916, Verdun (Meuse), cité ordre du régiment.
FAUJANET Eloi, 1893 (Dordogne), 34° régiment d’artillerie, 25 mars 1917, Auberive (Marne), cité ordre du régiment.
FAVAREILLE Joseph, 1893 (Dordogne), sous-lieutenant au 34°R.I., 9 juin 1918, ambulance à Ravenel (Oise), « suite blessures reçues au combat », cité ordre de l’armée.
FEVRIER Gabriel, 1892 (Dordogne), caporal au 101° R.I., disparu, 25 septembre 1915, secteur de Baconne (Marne).
FRANCOIS Paul, 1890 (Haute-Saône), sous-lieutenant au 8° régiment de génie, 13 février 1919, Saint-Raphaël (Var) « suite blessures reçues au combat », Chevalier de la Légion d’honneur.
GADRAT Raoul, 1896 (Charente), 247°R.I., 6 décembre 1916, « ambulance, suite blessures reçues au combat », Somme Suippes (Marne), cité ordre de la division.
GAVID Jack 1896 (Indre et Loire), aspirant au 51 ° R.I., 20 juillet 1917, Secteur de Metz : Plateau de Pommérieux, Mont-Spin, « ambulance, suite blessures reçues au combat. ».
GIGAUDON Jean, capitaine, 2° tirailleurs, détaché 2° zouave, 27 janvier 1915, l’Ecurie (Pas de Calais), cité ordre de l’armée, Chevalier de la Légion d’honneur.
GOUAUD Joseph, 1894 (Dordogne), sous- lieutenant au 162° R.I., 13 juillet 1915, La Harazée (Marne).
GROJA Pierre, 1897 (Vienne), sergent pilote, 2° groupement d’aviation, 4 mai 1917, Hospice de la Madeleine (Oise), « suite accident ».
GSELL Roger, 8 janvier1897 (Dordogne), 53° R.I., 9 janvier 1915, Hôpital de Saint-Nazaire (Loire inférieure), « suite blessures reçues au combat » ».
HERMEL Gabriel, 1884 (Dordogne), sous- lieutenant au 2° régiment de zouaves, 17 mai 1915 « tué entre Longemarck et le canal de l’Yser (Belgique) ».
HERTZOG Henri, 1895 (Dordogne), sergent 108°R.I., 4octobre 1914, Saint Hilaire le Grand (Marne).
LACHAUD Fernand, 1874 (Dordogne), téléphoniste 3° R.I., 19 juin 1916 à Souilly (Marne).
LACOMBE Paul, 1891 (Dordogne), sergent mitrailleur 50°R.I., 1 mars 1916 Neuville Saint Vaast (Pas de Calais), cité ordre de la brigade.
LACROZE Louis, 1893 (Dordogne), caporal au 76° R.I., 28 avril 1917, Hôpital Lariboisière (Paris), « suite blessures reçues au combat ».
LADOIRE Elie, 1894 (Dordogne), caporal mitrailleur au 3° régiment de tirailleurs algériens, 14 décembre 1916 Douaumont Verdun (Meuse), cité.
LAFON Jules, 1891 (Corrèze), 143°R.I., 25aout 1914, combats de Rozelieure (Meurthe et Moselle).
LAGLAINE Roger, 1896 (Charente), sous-lieutenant au 307°R.I., 29 septembre 1917, « dans ambulance suite blessures de guerre » à Chauny (Aisne), cité ordre du régiment, Chevalier de la Légion d’honneur.
LAGORCE Edouard, 1896 (Dordogne), aspirant au 82°R.I., 25 septembre 1916, Bouchavesnes (Somme), cité ordre de la division.
LAGRANGE Pierre, 1891 (Dordogne), 126°R.I., 19 septembre 1914, Chatel-Raoult-Saint Louvent (Meuse).
LALLET Pierre, 1890 (Dordogne), caporal au 50°R.I., 10 septembre 1914, Avallon (Yonne), suite « blessures reçues au combat ».
LAMAUD Raymond, 1890 (Dordogne), sergent au 91°R.I., 27 avril 1915, Eparges (Meuse).
LAPIERRE Jules, 1896 (Dordogne), sergent au 418°R.I., 16 avril 1917, Cerny (Aisne), cité ordre de la brigade.
LASCAUD Raymond, capitaine au 66°R.I., 26 avril 1916, près de Verdun (Meuse).
LASSAIGNE Gabriel, 1885 (Dordogne), lieutenant au 108°R.I., détaché à l’Etat-major de la 33° division, 25 juillet 1918, Brény sur Ourcq (Aisne).
LASSIGNARDIE Jean, 1894 (Dordogne), 108° R.I. Coloniale, 17 avril 1917, Saint Hilaire le Grand (Marne).
LAVAUD Jean, 1891 (Dordogne), sous-lieutenant au 50°R.I., 29 janvier 1916, Neuville Saint Vaast (Pas de Calais).
LECA Antoine, capitaine 319°R.I., 30 mars 1918, Rollot (Somme), Chevalier de la Légion d’honneur, cité ordre de l’armée.
LE ROY Victor, Elie, Richard, 1881(Dordogne), 329°R.I., 2juin 1915 au Labyrinthe (Pas de Calais).
LESVIGNES Amédée, 1892 (Dordogne), caporal au 126°R.I., 27 septembre 1918 aux Eyzies de Tayac (Dordogne), « suite maladie contactée aux armées ».
LETENNEUR Paul, 1871(Calvados), capitaine 50°R.I., 26 septembre 1915, Thélus (Pas de Calais), cité ordre de l’armée, Chevalier de la Légion d’honneur.
LINARES Raoul, 1884 (Dordogne), capitaine 307°R.I., 26 mars 1918 Libermont (Oise), « ambulance, suite blessures reçues au combat ».
LOUMIET Roger, 1892 (Dordogne), sous-lieutenant pilote, aviateur au 3° groupe d’aviation, 18 mars 1916, Mulhouse (Haut Rhin), cité ordre de l’armée.
MAGNE Etienne, 1877 (Dordogne), capitaine au 65°R.I., 13 septembre 1914, hôpital de Verdun (Meuse), « suite blessures reçues au combat. », Chevalier de la Légion d’honneur.
MASSET René, 1882 (Dordogne), lieutenant 50°R.I., 26 juillet 1915, Thélus (Pas de Calais), cité ordre de la division.
MAZEAUD Robert, 1880 (Dordogne), capitaine au 24 ° régiment de chasseurs alpins, 3 septembre 1916, Maurepas (Somme), cité ordre de l’armée.
MERCIER Jean, maréchal des logis, 52° régiment d’artillerie, mai 1918, front italien, cité ordre de la division.
MERCIER Pierre, maréchal des logis, 52° régiment d’artillerie, octobre 1918, « front français ».
MERCIER-LACHAPELLE Louis, caporal, 7° régiment d’infanterie coloniale, 14 juillet 1916.
MERGIER Pierre, 1892 (Indre), sous-lieutenant au 50°R.I., disparu 8 mars 1917, Maisons de Champagne (Marne).
MICHEGUE Léon, 1894 (Dordogne), maréchal des logis au 34° régiment d’artillerie, 17 avril 1916, Verdun (Meuse), cité ordre de l’armée, Médaille militaire.
MICHEL Albert, 1882 (Dordogne), 108°R.I., corps expéditionnaire d’Orient, 26 septembre 1914, hôpital de Moulins (Allier), « suite blessures de guerre ».
MONTIES Albert, 1895 (Lot et Garonne), mitrailleur 418°R.I., 18 juillet 1918 « près de Soissons » (Aisne).
MONTOZON-BRACHET François, 1881 (Dordogne), sergent fourrier au 50°R.I., 26 septembre 1915, Thélus (Pas de Calais).
MOULINIER Louis, 1863 (Dordogne), colonel du 80° R.I., « préposé pour commander une brigade », 21 mars 1916 en maison de santé à Pau (Basses-Pyrénées), « suite blessures reçues au combat. », cité, Chevalier de la Légion d’honneur.
NAUZEN Armand, 1893 (Dordogne), sergent au 42° R.I., 19 juillet 1918 (Aisne).
OBIER Robert, 1895 (Gironde), sous-lieutenant au 41° R.I., 18 juillet 1918, Connautre (Marne), « hôpital suite blessures reçues au combat. », chevalier de la Légion d’Honneur, croix de guerre.
PAGAND Louis, 1895 ((Espagne), élève brigadier au 81° régiment d’artillerie lourde, 3 août 1918 à Montereau (Seine et Marne), « suite maladie contactée aux armées ».
PARAT Etienne, 1895 (Dordogne), sapeur au 3° régiment de Génie, 14 mars 1916, Côte de Froideterre (Meuse).
PAROUTY Jean, 1896 (Dordogne), caporal au 106°R.I., 21 juin 1916 à Thiaumont (« secteur de Verdun, Meuse »).
PARROT-LAGARENNE Jacques, 1893 (Seine), sous-lieutenant au 356°R.I., septembre 1914, Lirouville (Meurthe et Moselle), cité ordre de l’armée, Chevalier de la Légion d’honneur.
PERBOSC Jacques, 1894 (Dordogne), sous-lieutenant aviateur, 2° groupe d’aviation, 10 mars 1916, prés de Château-Salins (Moselle), cité ordre de l’armée, Chevalier de la Légion d’honneur.
POMMIER Raymond, 1897(Gironde), 108°R.I., 24 août 1916, Saint-Maixent (Deux-Sèvres), « suite blessures de guerre ».
POUQUET Maxence 1868 (Dordogne), commandant au 50°R.I., 10 décembre 1915, Neuville Saint Vaast (Pas de Calais), cité ordre de la division.
PUYPALAT Henri, sous-lieutenant, artillerie.
REBIERE Georges, 1888 (Dordogne), aspirant au 14°R.I., 25 septembre 1915, Beaurains (« près Arras » Pas de Calais).
REBIERE Edouard, 1892 (Dordogne), caporal de zouaves, disparu, 28 août 1914, « illisible », (Ardennes).
REVERDEL Pierre, né à Savignac les Eglises (Dordogne), élève de notaire, 3 septembre 1895, décédé à Savignac les Eglises (Dordogne), 20 octobre 1915.
REY Jean, 1882 (Dordogne), sous-lieutenant au 126°R.I., disparu le 26 avril 1916, aux Eparges (Meuse).
REYREL Albert, 1872 (Dordogne), commandant au 158° R.I. ° février 1918, hôpital de Grasse (Alpes Maritimes), cité ordre de l’armée, Chevalier de la Légion d’honneur.
RIVALS Emile, 83°R.I., 14 septembre 1914, Mesnil-les-Hurlus (Marne).
RIVALS Jean, 31 mai 1918, « prés de Reims » (Marne).
ROBERT Daniel, 1890 (Bouches du Rhône), 346°R.I., 8 juin 1915 Bois le Prêtre (Meurthe et Moselle), « ambulance, suite blessures reçues au combat. ».
ROULAND Pierre Edmond, 1885 (Dordogne), sergent au 50°R.I., 3 décembre 1914, « près de Reims » (Marne).
SAUMANDE Eugène, 1881 (Dordogne), capitaine aviateur, 2° groupe d’aviation, disparu le 29 juin 1918, Bois de Mailly (Meurthe et Moselle), cité ordre de l’armée, Chevalier de la Légion d’honneur.
SIMON Adolphe, 1880 (Seine), sous-lieutenant au 50°R.I., 24 septembre 1915, Thélus (Pas de Calais), cité ordre de l’armée.
SIMON Louis, sous-lieutenant 307°R.I., 11 novembre 1916, Pressoir (Somme).
SIMONET Pierre, 1898 (Meurthe et Moselle), sous-lieutenant au 38°R.I., 18 juillet 1918, Nanteuil la Fosse (Marne), Chevalier de la Légion d’honneur.
SIREYJOL René, 1887 (Dordogne), lieutenant au 50°R.I., 9 mars 1917, Maisons de Champagne, « ambulance, suite blessures reçues au combat ».
MORTEYROL Paul Soulelic, 1882 (Dordogne), 273°R.I., 4 août 1917, Bixschoote (Belgique), cité.
TALAUCHER André, 1893 (Dordogne), 50°R.I., 30 septembre 1914, Auberive (Marne).
THAUZIES Hubert, 1893 (Dordogne), ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure, professeur à Châlon, sous-lieutenant au 122°R.I., 20 mai 1915, Beauséjour (Marne), « suite blessures reçues au combat », cité ordre de la division, Chevalier de la Légion d’honneur.
TINLOT Raphaël, 1894 (Dordogne), sergent au 50°R.I., 30 septembre 1914, Auberive (Marne).
VERGNAUD Marcel, 1891 (Dordogne), sapeur, 4° régiment de génie, 24 juillet 1916, « 100 m au nord du bois de Vaux-sur-Somme (Somme) », cité ordre de la division.
VIAUD Maurice, 1891 (Dordogne), 14°R.I., disparu. 22 août 1914, Bertrix (Belgique).
VIDAL Robert, 1888 (Dordogne), brancardier, 11° R.I., juillet 1918, Autheuil en Valois (Somme), Croix de Saint Georges.

HELME-GUIZON M. T.O.E. 1922

ANNEXES

1)-Bibliographie

Sources premières
- PALMARÈS DE 1900 à 1930, 3 volumes édités par l’Association des Anciens Élèves
-Registre des procès verbaux des assemblées générales des professeurs et professeurs adjoints du 3 janvier 1907 au 15 décembre 1950.
- Liste des anciens élèves et des fonctionnaires tués à l’ennemi ou morts des suites de leurs blessures ou bien disparus ; blessés, cités à l’ordre du jour, ou décorés , (état en 1922 avant l’érection du monument).
- Livres du personnel. 1879-1919, 1920-1948.
- Registres des Procès verbaux du Conseil d’Administration, 1904-1962.
Ministère de la défense, Direction de la mémoire, du patrimoine et des archives, Bureau de la politique des archives et des bibliothèques, Mémoire des hommes.
Sources secondaires
- BSHAP. 1969, BECQUART Noël, L’opinion publique en août 1914 dans le département de la Dordogne, rapports du Préfet de la Dordogne.
- BECKER Jean-Jacques, Les Français dans la Grande Guerre, Robert Laffont, 1980.
- CASTELLI de (général), Cinq Journées au 8e Corps 1914, Souvenirs de Guerre, Berger-Levrault, Paris, 1930, 123pages.
- LEVY Marius, J’ai quitté l’Ecole, Les éditions du Périgord noir, Périgueux, 1973.
- PENAUD Guy, Le grand Livre de Périgueux, Editions La Lauze, Périgueux, 2003.
- PENAUD Guy, Histoire de Périgueux, Editions Pierre Fanlac, Périgueux, 1983.

2)-Notes et références.
(1) -L’expression « Lycée de l’arrière » n’est en aucun cas un jugement de valeur. Elle est utilisée dans les documents de l’établissement et s’insère dans le contexte de l’époque.
(2) -Tout au moins pour les personnels enseignants, l’aumônier, le service d’économat, le concierge, car il n’y a plus de documents sur les personnels non enseignants.
(3) – Noël BECQUART dans « L’opinion publique en août 1914 dans le département de la Dordogne, rapports du Préfet de la Dordogne » (BSHAP 1969) apporte d’intéressants éclairages sur le vécu du mois d’août 1914 en Dordogne, au travers des rapports du Préfet. On y voit en un mois, l’opinion passer de la bonne volonté à l’inquiétude, le tout accompagné d’un début d’un contrôle strict de l’opinion. La mobilisation s’effectue sans problèmes, les premiers départs ont lieu dès le 6 août au matin. Les premiers blessés du 50 ° RI. arrivent le 29 août, ceci lié aux difficultés d’acheminement du courrier aux mobilisés va provoquer une vague d’inquiétude qui va amener le Préfet à suggérer que les blessés des régiments locaux soient rapatriés dans d’autres villes et à rappeler à l’ordre la presse et la Mairie de Périgueux pour avoir divulgué des informations (en l’occurrence pourtant optimistes) sur les combats.
(4)- Ministère de la défense, Direction de la mémoire, du patrimoine et des archives, Bureau de la politique des archives et des bibliothèques, « Mémoire des hommes ». Ce site internet donne la possibilité d’accéder, voire d’imprimer les fiches élaborées au lendemain de la Première Guerre mondiale par l’administration des anciens combattants et aujourd’hui conservées par la direction de la mémoire, du patrimoine et des archives du ministère de la Défense. Etant entendu que la mention « mort pour la France » est accordée suivant certaines conditions, en vertu des articles L 488 à L 492bis du code des pensions militaires d’invalidité et des victimes de la guerre.
(5) Il faut se souvenir que les débuts de la guerre sont particulièrement sanglants pour l’armée française. Outre les problèmes d’équipements inadéquats (pantalons rouges, pas de casque mais une casquette alors que le soldat allemand est bien équipé), le haut commandement n’est pas toujours à la hauteur de ses responsabilités et il faudra une sévère épuration des généraux (« limogeages »), une ferme reprise en main et la victoire de la Marne pour que le scénario de 1870 ne se reproduise pas et que la barre soit redressée. Le tout au prix d’énormes pertes humaines.
(6)-Types de pathologie : « phtisie, » « plaie région lombaire par éclat d’obus ayant entraîné une méningite bacillaire » ce, pour les cas les plus explicites.
(7) -Historique du 50° Régiment d’Infanterie Docsources : Centre d’aide à la recherche historique, 38970 Corps
(8) –Livres du personnel. 1879-1919, 1920-1948.
(9)-Palmarès de 1900-1915
(10) -Castelli (général), Cinq Journées au 8e Corps 1914, Souvenirs de Guerre, Berger-Levrault, Paris, 1930,123 pages.
(11) -Courrier de Monsieur Cocaud, père, en date du 1° mars 1921, suite à la requête du Proviseur.
(12)— -Registre des procès verbaux des assemblées générales des professeurs et professeurs adjoints depuis le 3 janvier 1907 jusqu’au 15 décembre 1950.
(13) -Registres des Procès verbaux du Conseil d’Administration, 1904-1962.
(14)- Lévy Marius. « J’ai quitté l’Ecole », Les Editions du Périgord noir, Périgueux 1973, pp 17-18.

3) Présidences et orateurs des distributions des prix
Samedi 28 juillet 1900, sous la présidence de M. le Docteur PEYROT, membre de l’Académie Nationale des Médecins, Délégué par M. le Ministre de l’Instruction Publique. Discours d’usage prononcé par M. Aubry, Professeur de Seconde. Lundi 29 juillet 1901 sous la présidence de M. ESTELLE, Préfet de la Dordogne, discours d’usage par M. ROQUES, Professeur agrégé de cinquième. Mercredi 3 juillet 1902, présidence de M. G. BIZOS, Recteur de l’Académie de Bordeaux, discours par M.A. BOURGOIN, Professeur agrégé de seconde. Jeudi 30 juillet 1903, présidence de M. le Docteur PEYROT, membre de l’Académie Nationale de Médecins, Sénateur de la Dordogne, discours par M. DUFOUR, Professeur de Cinquième. Samedi 30 juillet 1904, présidence de M. Georges SAUMANDE, Député de la Dordogne, discours par M. BREHANT, Professeur Agrégé de philosophie. Samedi 29juillet 1905, présidence par M. le Général MOUNIER, Commandant la 24° division d’infanterie à Périgueux, discours par M. RIVIERE, Professeur agrégé d’Allemand. Samedi 28juillet 1906, présidence par M. le Général AMOUREL, Commandant la 24° division d’infanterie à Périgueux, discours par M. MERCIER, Professeur d’Histoire. Samedi 27juillet 1907, présidence par M.A. DEBIDOUR, Professeur d’histoire à la Sorbonne, Inspecteur général de l’Instruction publique, discours par M. LE BLAN, Professeur Agrégé de Première. Mercredi 29juillet 1908, présidence par M. le Général SOUVESTRE, Commandant la 24° division d’infanterie à Périgueux, discours par M. WOLF, Professeur agrégé d’Allemand.
Jeudi 29 juillet 1909, présidence par M. R. ROUSSET, Bâtonnier de l’Ordre des Avocats de Paris, Président de l’Association des Anciens Elèves du Lycée, discours par M. A. MESNARD, Professeur de Seconde. Samedi 30 juillet 1910, présidence par M. AUBARBIER, Président de la Chambre de Commerce, discours par M. J. LAPORTE, Professeur de Philosophie. Samedi 29 juillet 1911, présidence par M. BEAUVAIS, Préfet de la Dordogne, discours par M. A.BOHL Professeur de Philosophie. Samedi 27 juillet 1912, présidence par M. DAVID, Député de la Dordogne, discours par M. EUVRARD, Professeur d’Allemand. Dimanche 13 juillet 1913, présidence par M. le Général de CASTELLI, Commandant la 24e division d’infanterie à Périgueux, discours par M.R. THAUZIES Professeur de Première. Dimanche 12 juillet 1914, présidence par M. HOURTIQ, Inspecteur d’Académie, discours par M.BAYLE Professeur d’Histoire et Géographie, Professeur de Première. Mardi 13 juillet 1915, présidence par le Proviseur du Lycée, M. MARCELLY. Jeudi 13 juillet 1916, présidence par le Proviseur du Lycée, M. MARCELLY. Vendredi 13 juillet 1917, présidence par M. le Général CLERGERIE, Commandant la 24° division d’infanterie à Périgueux, discours par M.DORIN, Professeur de septième. Vendredi 12 juillet 1918, présidence par M. P ROQUERE, Préfet de la Dordogne, discours par M.TERRADE, Professeur de troisième. Samedi 12 juillet 1919, présidence par M. R. DEBUC, Procureur de la République à Périgueux, discours par M. SIMON, Professeur d’Anglais. Lundi 12 juillet 1920, présidence par M. R. BOISSARIE, Avocat, Bâtonnier de l’Ordre des Avocats, Conseiller Général de la Dordogne, discours par M. LEGER, Professeur de quatrième. Mercredi 13 juillet 1921, présidence par M. le Docteur F. GADAUD, Député de la Dordogne, discours par M. DARTIGUE-PEYROU, Professeur d’Histoire et Géographie. Jeudi 13 juillet 1922, présidence par M. POIVERT, Préfet de la Dordogne, discours par M. SAUSY, Professeur de Première. Vendredi 13 juillet 1923, présidence par M. PETIT, Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, discours par M.SEGUIN, Professeur de Mathématiques.

4)-LISTES DES ANCIENS ELEVES ET DES FONCTIONNAIRES TUES A L’ENNEMI OU MORTS DES SUITES DE LEURS BLESSURES, OU BIEN DISPARUS.
ETAT COMPLETE. COMMENTAIRES ANNEXES.
-HELME-GUIZON M. T.O.E. 1922. Il n’a pas été possible de l’identifier et de trouver la justification de sa place sur le monument.
-“Illorum mors saluti fuit nobis”. Cette expression figure sur le monument. La traduction en a été donnée par M. Sausy, Professeur de Première dans son discours du 13 juillet 1923 : « Ils sont morts pour que nous vivions »
- Le total des morts est de 140. A noter le cas de LOMBRAUD Amédée, maréchal des logis, 21° artillerie qui figure sur le Livre d’or des anciens élèves mais pas sur le monument aux morts.
-MORTEYROL Paul Soulelic et non SOULELIE-MORTEYROL Paul.

5)- Les combats du 50° RI (6).

7 août-15 octobre. Marche en Belgique. Retraite bataille de la Marne. Poursuite. Auberive.
18 octobre 1914- 28 février 1915. Secteur de Prosnes-Bois le Patron.
1er au 20 mars 1915. Secteur de Baconnes.
2 avril-28 mai 1915. Lorraine.
22 juillet 1915-12 mars 1916. Artois.
5 avril-25 juin 1916. Verdun.
18 juillet- 15 septembre 1916. L’Aisne.
25 novembre 1916-3 février 1917. Somme.

8-9-10 mars 1917. Maison de Champagne. Auberive
16 mars-7 octobre 1917. Champagne (Secteur de Forestière, secteur de Tahure).
18 novembre 1917-1918 : Front italien : offensive autrichienne du 15 juin ; offensive de la Piave

(6)- Ceux de la guerre de 1870-71. « Leur nom figure sur la colonne élevée dans la cour d’honneur du Lycée. Ce monument a été construit grâce à une souscription publique faite par les soins de MM. de Crozals et Fabre, proviseurs que fut construit ce monument. Il fut fait sur les plans de M. Lagrange architecte et de M. Lassoutanie, sculpteur. ; La fête de l’inauguration eut lieu le 29 juillet 1875, devant une nombreuse assistance : M. Seguin, recteur, M. Galy président de la société historique de Périgueux ». (extrait des PALMARES).
Gabriel Roussely (de Périgueux), lieutenant au 56° de ligne ; tué à Reichshoffen, le 6 août 1870.
Martial Dufour (de Manzac), sous-lieutenant au 2° tirailleurs algériens ; tué à Freschwillers, le 6 août 1870.
Adrien Coly (de Périgueux), capitaine au 65° de ligne, chevalier de la Légion d’Honneur ; tué à la bataille de Saint-Privat, le 18 août 1870.
Joseph Fourgeaud (de Lisle), engagé volontaire, sergent-fourrier au 890 de ligne ; tué à Sedan le 1° septembre 1870.
Armand Desmaison (de Léguillac de Cercles), engagé volontaire, sous- lieutenant des mobiles de la Dordogne ; tué à Loigny, le 2 décembre 1870.
Edmond Lacombe (de Périgueux), avocat, engagé volontaire au 28° régiment de marche avec son frère.
Maurice Lacombe, étudiant en droit ; tués tous les deux par le même obus, à Champigny, le 2 décembre 1870.
Emile Rouchard (de Périgueux), capitaine adjudant-major au 41° de ligne ; tué à Beaugency, le 8 décembre 1870.
Armand Parrot (de Périgueux), élève en médecine, aide-major requis, frappé le 5 janvier 1871, par un éclat d’obus, au fort de Vanves, en courant au secours des blessés ; mort à Paris, des suites de sa blessure, le 11 janvier 1871.
Joseph Boussat (de Mussidan), capitaine adjudant-major ; tué à Changé, le 11 janvier 1871.
Henri de Langlade (de Périgueux), lieutenant des mobiles de la Dordogne ; tué au Mans, le 12 janvier 1871.
Maximilien de Toucheboeuf-Beaumont (de Périgueux), lieutenant des mobiles de la Dordogne ; blessé à Bazoches, le 30 décembre ; mort à Montmirail, des suites de sa blessures, le 30 janvier 1871.
Anatole Jamain (de Miallet), volontaire, mis à l’ordre du jour à Vierzon ; tué à Laferté-Imbault, le 18 février 1871.
Yrieix Fricout (d’Antonne), sous- lieutenant au 90° de ligne ; tué à Sèvres, le 3 avril 1871.
Delphin Marty (de St-Alvère), capitaine au 72° de ligne, officier la Légion-d’Honneur ; tué à Paris le 24 mai 1871.

(7)- Table des illustrations.
-Couverture, cliché A. Vaugrenard. Le corps principal de la façade du Lycée, milieu du XIX° siècle.
-Page 2, cliché A. Vaugrenard. Le monument aux morts, partie centrale (1914.1918). Il est l’œuvre d’un des élèves de l’établissement, élève de l’école des Beaux-Arts, M. Pierre Cocula,
- Page 12, montage à partir des archives en ligne du ministère de la Défense (« Mémoire des hommes »). Aublant Jean, Thauziés Hubert, Cocaud Pierre, Ameline Raymond. Ces reproductions donnent la documentation à l’état « brut », dans toute sa sècheresse, telle que donnée par le site Internet du Ministère de la Défense.


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